A Azalaïs, amicalement, en espérant que le dialogue, encore balbutiant, peut se poursuivre...
Un site bienvenu, particulièrement intéressant et poétique amène aujourd'hui Jean-Marc à reconsidérer certaines de ses positions à propos de la langue occitane. Il n'avait pas
voulu faire de polémique mais les termes utilisés étaient beaucoup trop souvent inutilement méchants. Il arrondit les angles... il réfléchit en marchant...
Le père de Jean-Marc, racontait beaucoup de petites histoires, il les racontait en " patois", en langue du pays, ce que beaucoup aujourd’hui appellent Occitan …
Jean-Marc n’appréciait pas trop ce mot. Pour lui, il désignait la langue fantôme d’un pays qui n’a jamais vraiment existé, cette fameuse Occitanie.
Depuis, des contacts amicaux lui ont permis de corriger cette façon de voir. Vouloir faire revivre une langue n'est pas oeuvre facile même si aujourd'hui encore, il préfère parler de Langue d’oc
et de dialectes… De languedocien, d’auvergnat, de provençal, de gascon, de béarnais…
Le languedocien du sud de l’Aveyron, de cette région qui jouxte le département de l’Hérault, est cher à son cœur. Jean-Marc le comprend et le parle à l’occasion mais il ne sait s'il
pourrait tenir de longues conversations... Il ne peut l’écrire, du moins de façon suivie. Il lui semble parfois, à tort certainement, qu'on en a fait une langue
pour érudits, un ensemble pour intellectuels surtout avec une graphie qui lui donne un air vaguement artificiel.
Il n’y a qu’à les écouter dans les émissions télévisées, beaucoup pensent en français et essaient péniblement de traduire. Ce n'est pas de leur faute... Ils inventent même des sons, ils inventent
parfois des mots. Quand, par hasard, un vieux paysan intervient, on se sent renaître, on sent que cette langue c’est sa vie. Tous les autres empruntent.
On assiste presque au même phénomène dans les émissions catalanes. Les Catalans du sud (du côté de l’Espagne) en parlant leur langue, la vivent, vivent son histoire douloureuse, ils
l’utilisent dans la vie de tous les jours, en tous lieux, paysans et citadins, pêcheurs et notaires, ouvriers, notables… et hommes politiques.
Du côté français des Pyrénées, c’est trop souvent l’exercice scolaire. Encore que, grâce à la proximité du grand ensemble catalano-valencien riche, conquérant et fier, grâce à l’intensité des
échanges, la dégradation ne paraisse pas aussi importante.
Les Catalans ont « normalisé » leur graphie et l'ont "imposée" intelligemment, progressivement...
Il existe chez nous la graphie provençale ("phonétique") du grand Mistral, celle du félibrige et de ses mainteneurs… En réalité, les occitanistes trop souvent semblaient la mépriser.
Quand certains ont dit que le grand Dante avait failli écrire la «Divine Comédie » en occitan, ils ont tout dit. Failli... mais Dante écrira son chef-d'oeuvre dans la belle langue florentine…
peut-être découragé par le manque d'unité donc d'universalité de notre langue du sud.
Le père de Jean-Marc et surtout sa grand-mère (née en 1885) ne connaissaient guère que "le patois", ou du moins se sentaient infiniment plus à l’aise avec lui qu’avec le
français enseigné à l’école… Et c'est en entendant parler cette langue quotidiennement dans son enfance et son adolescence que Jean-Marc en a appris l'essentiel et ne l'a jamais
oublié... De cet apprentissage empirique et uniquement oral, sans la moindre référence scolaire, viennent les difficultés qu'il éprouve aujourd'hui à l'écrire...
Cette école où des enseignants peinent pour essayer de sauver une culture dont on a pendant trop longtemps appris les élèves à se passer... En réalité, on a l'impression que cela
sert surtout trop souvent aux potaches à glaner quelques misérables points à l’oral du bac. La solution, Jean-Marc ne l'a pas, mais aujourd'hui il veut éviter de décourager les bonnes
volontés...
Il est à l'écoute des poètes et des chanteurs, souvent partisans mais d'un lyrisme bouleversant... Mans de Breish chantant
Joan Bodon, en particulier " Los carbonièrs de La Sala", qui lui arrache des larmes... Il a plaisir à en lire les textes en occitan...
Des gens pleins de prosélytisme veulent inciter les communes à apposer des panneaux à l’entrée et à la sortie des villes indiquant le nom occitan de la cité… Mais c'est fort
déroutant pour les non-initiés...
Dans un ordre d'idées quelque peu différent mais voisin, on nous leurre quand on nous parle de « pays cathare », quand on glorifie cette religion aberrante pour laquelle le
monde matériel, réel, l'amour charnel et cette vie terrestre représentent le Mal absolu puisque appartenant à Satan.
Interprétant l’Histoire en fonction d’idéologies actuelles, on voulait en faire un symbole de libération, on en fait une marque commerciale, un label pour écouler du vin ou
du fromage. Mais il y a des intérêts locaux parfaitement respectables.
Des édiles sans scrupules installent d'autres panneaux annonçant votre entrée dans ce "pays cathare"... On vous présente "Agde, ville grecque", "Carcassonne, ville médiévale"... "l'Ariège,
terre courage" (va bene, pour des gens qui ont peur du gros nounours...). Telle ville n'est pas plus grecque qu'un groupe Eskimo n'en est aujourd'hui au néolithique ou telle tribu
africaine au paléolithique inférieur...
On confond folklore épicier et élan culturel...
Jean-Marc ne veut pas lancer une vaine polémique... ce sont de simples réflexions à usage interne surtout.
Il n'est ni linguiste ni historien...
Il n’y a pas ici d’arguments, il n’y a que des sentiments...
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