d'après Albert Dubout

 C'est un mec, jeune, grand, beau garçon, un rêve, quoi... qui bosse comme domestique de grande maison...
Un jour, il en  a marre d'être harcelé par sa vieille rombière de patronne et le daron débile et il décide de  rechercher un nouvel emploi... toujours dans la même branche. Faut dire qu'il y a quelques avantages parfois... les patronnes sont pas toujours moches et vioques et les accortes servantes  se révèlent souvent peu farouches... Il arrive aussi que de jeunes loufiats ou de petits gâte-sauces... oui, bon, vous avez compris  tous les goûts sont dans la nature humaine... Et puis, y a souvent des choses qui traînent... Il faut préciser que notre homme ( dans le service on l'appelle Gontran, ça fait mieux sous les lambris dorés que le "Jules" dont il a été affublé le jour de son baptême) n'a tout de même pas inventé la poudre... A servir et à courir, il n'a guère eu le temps d'assimiler les pauvres notions jadis apprises à l'école... qu'il fréquenta d'ailleurs beaucoup moins en ses vertes années que les bordels du port. Il y acquit un bagout, un vernis et une expérience sans prix quand on veut se lancer dans le grand monde (même par la petite porte)...
 Gontran avait dans ses relations un représentant syndical des "gens de maison"... ben, oui, ça existe, à force de rechercher des adhérents, on finira bien par recruter n'importe qui même ceux que l'on qualifie en réunion de comité de larbins des richards ou pourquoi pas les péripatéciennes et leurs "dos verts" chargés de la protection et de l'encaissement.
 Bon, chers lecteurs, je vois que vous commencez à fatiguer sérieux avec mes digressions à la mords-moi-le machin... il faut dire que le noeud de l'histoire (il fallait bien que je place ce mot... s'cusez mesdames) est tellement mince que je me sens obligé d'en rajouter pour que vous en ayez pour votre argent...
 Gontran se rend donc chez le délégué, un ami, et lui demande s'il connaît une place vacante. Il se trouve qu'effectivement Madame la Baronne de... cherche un serviteur de grande classe...
 Le délégué téléphone à l'intendant de la baronne et obtient un rendez-vous pour son ami.
 Il prévient tout de même Gontran que cette dame à parfois un comportement bizarre et des exigences qui ne le sont pas moins...
 Le jour dit, à l'heure dite, notre candidat se rend chez la baronne et est immédiatement reçu...
 Après les courbettes d'usage, l'entretien d'embauche peut commencer...

 Gontran, à l'issue de l'entrevue va faire son rapport au délégué syndical qui lui demande : " Comment ça s'est passé ?

Jules raconte :

- ben voilà elle m'a dit : Votre nom, s'il vous plaît ?
- Gontran Dupont que j'y ai dit
- ici c'est Gontran tout court...  qu'elle me répond... ça conviendra... Montrez-moi vos mains et retroussez vos manches  "
Je lui ai montré mes mains et mes avant-bras... pas  plus haut car mes tatouages sont un peu osés... faudra que je me les fasse enlever un jour...
Elle m'a dit : "Très bien pour le port des gants blancs... Montrez-moi vos mollets"
J'ai remonté les jambes de mon pantalon et elle m'a fait marcher... c'était pas très commode mais elle a eu l'air satisfaite "très bien pour l'habit à la française, les bas et la culotte"... j'ai pas trop pigé... m'enfin... jusque là tout allait bien...
et puis la baronne a ordonné "Montrez-moi vos références"
- et alors ?
- ben... je crois que là, j'ai dû faire une grosse connerie...
- pourquoi ?
- J'ai pas plutôt obéi que la dame a poussé un grand cri et s'est évanouie... Quatre ou cinq de ses larbins m'ont foutu à la porte à grands coups de pied dans le cul... même pas eu le temps de me reboutonner le futal..."
 

 

Par jean-marie - Communauté : N'importe quoi...
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