
Autres banalités
Un jour vient... une journée sereine
où l'on dit assez
assez
de ressasser
nos rengaines
nos vieilles haines
nos rêves morts
notre amertume racornie
on voudrait goûter la vie
oublier les remords
effacer les envies
on voudrait...
on reste insatisfait
on reste dans la peine
on a trop fait... trop dit...
des paroles qui gênent
point de pardon, ni paradis
lamentable on se traîne
et l'on n'attend plus rien...
vivre est une chaîne
bien trop lourde soudain...
mais alors quelqu'un vous tend la main
quelqu'un il se peut même
qui souffre plus que vous
quelqu'un qui aime
malgré son chagrin fou
ce n'est pas un dieu suprême
c'est un être comme nous
parmi nous
qui nous offre son sourire
on se reprend à vivre
plus tout à fait pour soi
l'enfer c'est pas toujours les autres
la bauge où l'on se vautre
la solitude sans émoi
sans amour ne peut suffire
l'égoïsme est bien le pire
des tourments
que l'on s'inflige
quand enfin on le comprend
nous saisit le grand vertige
de la fin qui nous attend...
de cette fin qui se rapproche
on se fait bien des reproches
on a peur de mourir idiot
on a peur de mourir trop tôt
on a peur de mourir moche
la vie n'a pas fait de cadeau
la mort, ce serait trop beau,
n'en fera pas davantage
après ? ce n'est guère sage
de compter là-dessus
pour rattraper le temps perdu...
mais ça rassure
et l'on fait bonne figure
on ne sait jamais...
si c'était vrai...
