
Je n'ose publiquement dédicacer cette amusette à celle qui, par un texte charmant mais fort sage, (il s'agissait je crois d'un travail scolaire) me
l'a inspirée...
Si, d'aventure elle se reconnaissait, je lui présenterais mes plus humbles excuses et accepterais par avance toute pénitence qu'elle voudrait bien m'infliger...
Par contre, si elle veut le corriger, l'amender, le publier en le critiquant, je lui accorde ma bénédiction pontificale et naturellement fort
bienveillante, avec toute latitude en ce domaine...
Si quelque esprit chagrin veut par contre m'accuser d'outrage aux bonnes moeurs, je serai flatté de rejoindre la sublime cohorte des génies persécutés (excusez du peu... j'ai les chevilles qui
enflent... me prend pas pour une m...). Je lui souhaite d'ailleurs bien du plaisir car je crois que, quasiment à chaque page de ce blog, il trouvera une occasion de me faire fouetter
par l'exécuteur des basses oeuvres du père Ubu...
Merdre alors !
Ode à la maudite clope...
Petit tas de tabac dans un papier très fin,
toi rouleau si plaisant au tragique destin...
Pour faire bien jouir, il faut que l'on te brûle...
Par la bouche affamée la mort tu inocules
aux fous décérébrés qui aiment ton venin.
C'est la mort des poumons encombrés de tes cendres,
il faut voir ta fumée dans les gorges descendre
détruire à petit feu et tout entier le corps...
Mieux vaut faire l'amour, chacun en est d'accord.
Ainsi que tu agis, un beau tuyau pénètre
une autre féminine et humide fenêtre.
Le plaisir vient aussi, savoureux sont ses fruits
mais les objets d'amour ne seront point détruits...
Tout est en bon état... De la folie en tête...
Pas de déchets sinon la suave liqueur
que le dard palpitant insinué projette,
une source de vie donnée de si bon coeur...
Quand l'ardillon confus se retire à la fin,
ses réservoirs vidés de leur si doux venin,
il n'a pas vraiment fière mine.
Quand triste et pleurnichard il se débine
même l'air abattu et sombrement penaud
c'est bien autre chose que le puant mégot
qu'on flanque à la poubelle.
Toi, maudite clope, tu ne sers qu'une fois...
Les outils de l'amour pour les tendres querelles
restent heureusement toujours prêts à l'emploi...
La morale au récit sera donc bien fidèle :
pour servir très souvent les gentes damoiselles,
aimables damoiseaux et jouvenceaux si doux
ne brûlez point surtout
clopes par les deux bouts...
La morale, bien sûr, vaut aussi pour les belles...