
l'éternité elle-même doit bien avoir une fin
un texte ancien qui vous paraîtra peut-être confus...
ils sont des milliers
à venir festoyer
dans cette vallée profonde
où pendant si lontemps
je me suis cru (depuis mille ans
peut-être) maître absolu d'un monde
dont je fus le fier conquérant
dès lors il n'y a plus un seul village
qui ne s'invite au mariage
de faux-semblants
dans ce splendide paysage
naguère de paix bouleversant
et bouleversé à cent lieues à la ronde
et au-delà, c'est évident
pas un passant
qui ne veuille venir à cette noce immonde
sans fin
de l'horreur et du supplice
le plus inhumain
Les dieux veulent des sacrifices
ils se tapent sur les cuisses
et bandant, crient leur faim
de chair fraîche
et leurs prêtres dans le prêche
en rajoutent tant et plus
ma paix a vécu
dans un monde qui s'égare
de mon coeur l'amour s'empare
je n'ai plus l'esprit guerrier
je les laisse festoyer
la mort viendra les prendre
et bientôt...
sont encore loin de s'y attendre
les tristes sots
les Cavaliers sauront les pendre
car il n'y a rien d'éternel
même l'amour serait mortel ?
l'éternité est une farce
les déesses sont des garces
et les hommes de pauvres fous
elle et moi, nous,
au-dessus des hauts nuages
de toujours
allons-nous vaincre les âges
par la simple force d'amour ?
féerique est ce beau songe
ce mal ce bien qui me ronge
que deviendra-t-il je ne sais
quoi qu'il en soit je me complais
dans la douceur équivoque
au matin d'une autre époque
le temps du rêve est emporté
arrivée pauvrement charnelle
mais bien cruelle
retour à la sombre réalité
mais je n'avais point fauté
(Dieu pourtant qu'elle était belle)
contre amour et vénusté