
ed. Vaillant-Pif-gadget
Amusette publiée il y a deux ans... je l'ai retrouvée aujourdhui par hasard...
je l'avais presque oubliée
mais je me suis marré alors je vous la sers à nouveau...
la goualante du vieux méchant qu'on a buté
ou la complainte du macchabée récalcitrant
refrain
y a quelques jours j'ai claboté
et je suis très étonné
la découverte est fort amère
suis bien clamsé mais suis en vie
vous pigez les mecs j'espère
qu'y avait bien un paradis
pendant très longtemps ils y bossèrent
(je jacte bien peux rien y faire
j'ai pas bézef d'instruction
j'ai encore un chouïa de grammaire
qui reste au fond d' mon carafon)
zont eu ma peau les héritières
les héritiers ont eu ma peau
les salopiots
~~~~~~~~
Suis toujours pas au cimetière
m'ont pas encore mis en terre
sont dèjà venus et zont pris
de la quincaille
des bouquins des outils
pas de joncaille
pris tout ce qu'ils ont trouvé
le magot ils l'ont cherché
mais ils l'ont eu dedans le derche
car je l'avais bien planqué
remarquez y en a pas lerche
j'en ai claqué dans les boxons
ils s'imaginent ces grands cons
que dessous mes quatre planches
je ne peux pas les mater
qu'est-ce qu'ils peuvent se gourrer
je les vois tétant la boutanche
ils commencent à être ronds
les repas de deuil c'est si bon
je me marre suis plus dans la case
où qu'ils m'avaient foutu les gros nazes
je les vise depuis le plafond
même s'ils sortent de la pièce
je pourrai leur coller aux fesses
refrain
je leur avais demandé à ces salauds
ils m'en avaient fait la promesse
de me flanquer à l'eau
pour un mecton de mon espèce
la flotte c'est son élément
vu que j'étais bon navigant
avant d'être dans la caisse
mais je crois qu'ils veulent rien savoir
dans leur sinistre pataquesse
zont parlé de m'enterrer
après une grande et belle messe
dans un fameux reposoir
je ne veux pas de leur kermesse
vont peut-être me faire cramer
s'ils font ça ces peaux de vache
je leur pardonnerai
macache
je reviendrai hanter leurs maisons
leurs bateaux leurs pavillons
en bousillant toutes leurs crèches
c'est pas très beau tout cela
ils entendront des bruits de chaîne
mais je n'ai plus ni mains ni bras
pour remuer cette cadène
ni jambe ni pieds
et pourtant je me déplace
c'est ben vrai
Dieu qu'a beaucoup de classe
y pourvoira
la chose est sûre
il l'a dit pour la bouffe des piafs
et pour un pauvre mataf
trouvera une chaîne bien dure
pour emmerder mes héritiers
et pour m'aider à la bouger
refrain
vous voyez aminches qui sur terre
êtes encore restés pépères
un pur esprit ça a des sentiments
ça suffit pas les coups de palpitant
pour la baise je sais pas
vu que par en bas
y a plus grand chose
oh purée ça n'est pas rose
mes morues me manquent fort
mon esprit veut tringler à mort
et je me sens vraiment morose
mais comment faire nom de zeus
j'ai plus vingt ronds dans le lardeuss'
les linceuls n'ont pas de poches
qu'il a dit c'est vraiment moche
les bordels voudraient pas de moi
et les tapins me verraient pas
me palucher, c'est pas la fête
suis désespéré flagada
ma daronne me disait ça
la secouette à tout berzingue
te rendra vite sourdingue
et même des fois
brindezingue
méfie-toi
je suis vraiment une nunuche
vu que j'ai plus de paluches
je devrais pas y penser
peut-être si je me concentrais
en travaillant bien de la tête
j'arriverai à me sentir goder
même à faire cracher coquette
pour jouir mentalement
ça serait vraiment chouette
mais possible sais pas comment
je pleure après mon arbalète
pour le moment
refrain
j'ai pas le temps
merde le temps ça veut rien dire
m'ont foutu dans l'éternité
et des soucis c'est bien le pire
rien à foutre de milliers d'années
eux tout en bas n'en ont pas autant
avant longtemps auront la crève
donc si je veux bien me marrer
leur pourrir la vie les harceler
mon rêve
faut pas traînailler ni mollir
ma montre ça sera leur âge
je les verrai bien décatir
mettons du coeur à l'ouvrage
qu'ils souffrent donc avant de périr.
zont bien mérité
l'étripage
que je leur promets
n'avaient qu'à rester bien sages
pas me filer de poison
et me laisser à mes gagneuses
peu d'artiche la vie heureuse
mais ils aimaient trop le pognon
ils ont bien cru ces navetons
que j'en avais pleines gamelles
eux n'avaient pas trop de cervelle
n'ont pas trouvé le coffiot
ces foutus sots
m'ont bien donné tisane mortelle
mais n'auront pas un picaillon
refrain
Ben dites donc les amis
à toute fable sa morale
si c'est ça le paradis
vrai de vrai qu'aujourd'hui que je râle
contre ce qu'on nous a conté
je ne sais trop où faut s'inscrire
mais si vous prenez un billet
ça ne peut pas être pire
choisissez plutôt l'enfer
vous pourrez peut-être messire
y commettre le péché de chair
je blasphème
que nenni
dans ce foutu poème
je préviens seulement
les vieux potes que j'aime
tendrement
je suis très heureux de ta visite
et de ton si gentil compliment...
je sais qu'en ce moment, je ne suis pas très présent
quelques problèmes...
mais sois sûre que je ne t'oublie pas...
à très bientôt chez toi
gros bisous amicaux
bien à toi
jean-marie
"diaboliques" !!!
Ange ou Démon notre Jean-Marie ?
après tous ces compliments, je ne comprends pas que tu te fustige tout le
temps ...
Mes parents ne m'ont pas appris l'argot ... mais avec toi, là, je m'y mets !
très heureux que ce truc t'amuse !
merci pour tes compliments.
je ne me fustige pas vraiment, j'essaie de ne pas trop me prendre ua sérieux...
j'adore la dérision...
l'argot, c'est la langue de ma jeunesse, nous nous efforcions de ne parler que ça
"jacter le jar", c'est toujours un plaisir pour moi...
tu veux une traduction de certains termes ?
gros bisous
jean-marie
Je pense aussi à ces chansons de marins..... Ces "sea shantees" à la mode des Grands Bretons également....
Bref, il ne manque que la musique... Tu peux nous la poster : comme ça on la met à notre répertoire diato/guitare.... j'aimerais bien!
Bref, j'en redemande! Bravo!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Bisous argentins matinaux!
très heureux que ça te plaise !
que de compliments, je suis flatté...
et en plus mettre ça en musique
du coup " je vais plus me sentir lansquiner", comme on dit vulgairement...
les paroles si tu veux, je vais te les envoyer en pièce jointe...
tu me donnes une idée, je vais publier une série d'articles uniquement avec mes "complaintes" (mes goualantes, comme je les appelle car elles ne suivent aucune règle... je ne me prends pas pour Villon !)
qu'en dis-tu ?
à très très bientôt chez toi
gros bisous amicaux
bien à toi
jean-marie
Tu ne veux pas m'aider à trouver un titre à un poème triste sur la vieillesse ?
Bonsoir, ma Chère Azalaïs...
je viens de rentrer de mon périple limousin... j'en reparlerai
merci de trouver quelque vague lien de parenté entre mon amusette et les écrits des maîtres ! Brel, Brassens !
Un titre pour un poème triste sur la vieillesse ?
Ronsard a déjà dit "Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle..." tu pourrais peut-être parodier ? bof... pas terrible cette idée... j'y songerai
bises amicales
jean-marie
Un régal !
;-)
très, très heureux que ça te plaise... je pensais y être allé un peu trop fort... un régal dis-tu ? je me suis régalé à l'écrire... j'adore le jar... le jargon des malfrats cher à Villon...
je passerai chez toi tout à l'heure. je t'embrasse amicalement
jean-marie
PS... tu m'as donné envie de le relire et en effet, je me suis bien marré... non, c'est pas l'histoire du mec qui s'en racontait une qu'il ne connaissait pas pour se faire rire... c'est simplement que depuis trois ou quatre jours, j'ai rajouté des morceaux par-ci, par-là... et je voulais avoir une vue d'ensemble... eh bien, ça a l'air de tenir...
bisous
J' adore l' argot et là je suis servie au-delà de toute espérance.
C' est du bel et bon argot pour un texte génial !
Bisous et bon dimanche :)
Merci, ma chère Clo...
ton commentaire me fait un grand plaisir
moi aussi j'aime jacter le jar cher à Villon mais je suis loin de le maîtriser... comme mon maître... lui le vivait...Ce n'est pas une langue, pas une langue qui s'apprend à l'école... ce que j'en sais, c'est le reste d'une enfance et d'une jeunesse pas toujours très "catholique", bien qu'élève des bons pères ou "orthodoxe", après la guerre nos héros venaient des vrais romans noirs américains, des films de truand... je verse quelques larmes quand je revois Jean Servais, Tony-le-Stéphanois du "Rififi chez les hommes"de Jules Dassin... Nos "héros" n'étaient guère "recommandables"... ils venaient de chez José Giovanni plutôt que de chez Walt Disney... tu vois quand je me lance, je ne sais plus m'arrêter...
Grosse bise amicale
jean-marie
ça me rappelle les dialogues d'audiard à la gouaille bien fleurie...
merci pour ton com et @+
c'est un grand plaisir de venir chez toi...
la beauté, ça fait revivre l'âme...
Je reviendrai souvent c'est sûr
amicalement
jean-marie