
Du sonnet en tant que genre poétique...
Vous pouvez vous éviter la lecture de mes cogitations en allant directement un peu plus bas lire le sonnet...
Le sonnet est un genre poétique très ancien et très difficile, à la forme contraignante...
Il est composé de deux quatrains et de deux tercets...
C'est la disposition des rimes, entre autres obligations, qui fera de ce genre de poème un sonnet "régulier" ou "irrégulier"...
j'ai déjà essayé de m'y lancer...
mais c'était sous une forme qui n'avait rien de "classique"
j'ai essayé à nouveau et presque par jeu
si je désigne les rimes par a, b,c, d, e..
je note ainsi la fin de chaque strophe :
premier quatrain : abba
deuximème quatrain : abba
premier tercet : ccd
secon tercet : ede.
Voici ce que j'ai choisi (au départ et au hasard) comme rimes (ce ne sont pas des rimes riches, portant sur plusieurs syllabes... elles sont donc bien évidemment dites pauvres...) :
ir (rime masculine)
ile (rime féminine terminée par un e muet, cette dernière syllabe ne comptant pas )
orde (rime féminine, rime un peu plus riche )
an
arme (idem)
l'essentiel, du moins pour moi, est l'alternance, conforme à certaines règles, entre rimes masculines et féminines.
Puis on choisit le rythme (tout le rythme est dans les sonorités au sein du même vers. Cette prosodie, qui dans le chant fait coïncider la musique et les paroles) ou, bien plus exactement le "mètre", dans la versification française, nombre de syllabes - ou pieds - que l'on compte dans un vers... L'alexandrin, mètre normal du sonnet, a douze pieds, (treize syllabes en réalité dans les vers à rime féminine)
Le sujet choisi doit se plier à la forme.
Prélude à la Résistance...
Le sonnet qui précède est bien loin de me donner satisfaction... il n'est pas vraiment régulier pour bien des raisons... et surtout ce petit jeu, me semble-t-il, bride l'inspiration, l'âme du poème... dans un premier temps du moins, parce que je ne suis qu'un débutant dans ce genre d'exercice... mais cette gêne, je le pense, pour les vrais, les grands poètes doit être, au contraire, source de fertilité...
Ne perdez pas davantage votre temps, allez voir Arvers, Nerval ("El Desdichado", pour moi le plus beau), Heredia, Baudelaire... Mallarmé et tant d'autres... même s'ils s'écartent parfois des "règles " dont je viens de parler... ce sont les Maîtres...
J'aime beaucoup et je parle souvent de complainte, de goualante, de ballade, d'ode mais c'est une approximation trés exagérée
quand il s'agit de mes propres textes... Il faudra que je me penche un jour sur leurs propres canons...
Mais je ne veux pas y perdre mon âme...
Et je ne sais toujours pas ce qu'est la Poésie...
tu te frottes là au genre le plus complexe... je me permets de te laisser un lien (si je le retrouve...) pour un blog dont l'auteur a pris un malin plaisir à retrouver toutes les règles de la poésie classique, enfin toutes, j non, mais c'est vraiment impressionnant le travail de recherche qu'il a effectué...
http://darius.hyperion.over-blog.com/
Sinon, dans le fond, je pense sincèrement que le classique offre au poète une liberté d'expression totale. Dans le sens, c'est un art, des règles qu'il faut maîtriser dans l'absolu, comme un jeune musicien qui fait des gammes toute la journée... le virtuose même commence par assimiler les règles de base de son art... mais le sujet est vaste, et mes tentatives classiques ne sont guère meilleures que les tiennes...
Courage!
Je te souhaite une bonne continuation et une agréable nuit.
Lola
de ta visite et de ton commentaire
très intéressant et fort instructif...
merci aussi pour le lien...
je suis tout à fait d'accord avec toi en ce qui concerne la poésie classique...
la forme et le respect des règles sont sources d'inspiration...
je le sais, mais je suis plutôt velléitaire et souvent (trop) j'emprunte la voie de la facilité
bonne soirée
amicalement
jean-marie
je n'y connais rien à la technique poétique...
mais ton texte est savoureux et a , justement,
"son âme" ; tu y mets de toi-même au plus
près, et c'est bien ce qui rend un poème
original en soi.
il ne faut jamais se comparer aux "Maîtres" ... surtout avec ... lucidité (eh eh ) sinon on n'avance pas, on rebrousse chemin !
alors ... frappe frappe sur ton clavier sans peur et sans reproche !
gros bisous !
et merci.
je viens d'avoir l'idée de créer cette communauté ( même si l'article lui-même est plus ancien ) pour que les gens n'aient pas peur d'y publier car il n'y aura pas de critiques méchantes...
même si ce ne sont que fragiles tentatives...
merci de ton encouragement
gros bisous
et bon après-midi
jean-marie
Je l'ai plutôt trouvé beau, ce sonnet ! Il y a certes quelques maladresses, mais tu t'es quand même infligé des contraintes terribles ! Et puis il a ce "souffle épique" qui donne au rythme sa musique, et captive l'intérêt. La dernière phrase légèrement énigmatique retient l'imagination au lieu de claquer les portes au nez des rimes. Oui, plutôt beau, ce sonnet :-)
Bises
Merci, ma chère Frederianne...
C'est vrai, je sens qu'il y a quelques petits truc squi clochent un peu mais je n'arrive pas à déterminer exactement quoi... je suis bloqué en quelque sorte... Il faut dire qu'à force de le retoucher, il me fatigue... Je crois que n'y ressens pas l'âme, que l'ensemble est un peu artificiel... si tu me dis qu'il a quand même quelques qualités, ça m'encourage... Ferais mieux la prochaine fois...
je t'embrase amicalement
jean-marie
tu sais chacun a une passion, moi la mienne c'est la poèsie... mais on je n'arrive pas toujours à écrire ce que je voudrais comme je le voudrais...
Ton blog est remarquable, un souffle extordinaire ! tu as une grande force de persuasion et tu sais défendre tes convictions avec beaucoup d'humour... c'est très important
à bientôt
bonne nuit
bise amicale
jean-marie