La traversée de la passion
Jean M. Malouriès
petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...
Souvenir d'un voyage collectif (pas encore tout à fait du 3ème âge... ) d'il y a quelques années
et d'un trop bref séjour...
Dernier matin d’octobre à St Paul du Grand Mas.
Départ des autocars pour un très beau voyage
Vers Madrid et Tolède à l’Histoire sauvage
Où Le Greco peignit l’enterrement d’Orgaz,
Où l'amie se perdit ; où dans la cathédrale
Nous vîmes des trésors. L'héroïque Alcazar,
Des frères ennemis témoin du cauchemar.

Des palais, des tombeaux et les noms sur la dalle,
Des Rois et des guerriers, de Castille l’Infant.
Des musées, les statues des princes triomphants
Et des hommes cruels assoiffés de revanche.
Il y a tant de beauté qui enchante Madrid.
Puis l'Université, les cigognes au nid,
Réchauffant à grand bruit leur robe noire et blanche
Sur les toits au soleil d’Alcala d’Hénarès.
Dans les rues on peut voir l'ombre de Cervantès.
L'intendance nourrit modestement son homme,
La joie et l’amitié mirent au cœur du baume.
Les grincheux, s'il y en eut, rentrèrent dans le rang.
Tout le monde devint beaucoup plus tolérant.
Carmen fut retrouvée par la Garde Civile

Et regagna le car aux portes de la ville.
Hésitant quelquefois, notre vaillant chauffeur,
S'égara dans les rues et maintint notre ardeur…
Ségovie, l’Escorial, la beauté de l'Espagne
et la Vallée des Morts au creux de la montagne.
Mausolée de granit qui raconte l'horreur...
C'est un pays cruel mais c'est aussi son coeur.

En dix jours on ne peut qu'effleurer son Histoire
Sa vie est un secret, son âme est de grandeur.

Il y a pour cette Espagne au fond de la mémoire
De notre vieille Europe des traits qui nous font peur
Mais forcent le respect pour son ancienne gloire.

Elle a bien trop aimé la conquête de l'or,
De peuples insoumis et de lointaines terres
Qu'elle n'a su garder et ce fut la galère
dans le si vieux pays comme s'il était mort,
Les richesses enfuies, fière dans sa misère.
Renaissant aujourd'hui, et de belle manière,
Toute sa ferveur ranimée,
Il y a des jeux cruels qu'elle doit supprimer.
C'est dans la souffrance inutile
A la bête infligée pour un plaisir futile,
Que je ne peux vraiment l'aimer.
Parviendrait-elle enfin un jour à l'interdire,
bien des pays n'oseraient plus dire
"C'est une tradition". Et l'on verrait, c'est doux
Fermer les arènes partout.
Rêvons, si nous le pouvons...
Walt Whitman
Feuilles d'herbe
H.P. Lovecraft
The ancient
track
Rainer-Maria Rilke
Solitude
Omar Kayyam
Rubayat
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