chez les pauvres fourmis le portrait du bourreau
reste toujours collé sur les murs du palace
les aides chaque nuit massacrent sur la place
et le drapeau de sang flotte encore là haut
ils ont gardé le nom qu'elle avait sous l'empire
la porte de la paix garantie par le ciel
la bouche des voyeurs garde le goût du fiel
ils veulent visiter en oubliant le pire
on lui donne des jeux qu'on regrette soudain
et l'on savait pourtant qu'ils aiment le grand cirque
les lâches de chez nous ne prennent aucun risque
malgré les décennies ce sont mêmes gredins
contemplant des joueurs désireux d'une gloire
en vain ressuscitée pour de tristes besoins
le temple des marchands convoque les témoins
au rouge étal puant de fierté dérisoire
et dans ce monde abject des sinistres vendeurs
d'or de cuivre ou d'argent la fameuse médaille
n'est qu'un peu de monnaie pour la faible piétaille
qui se laisse tromper autant d'ardeur
ils savent que le peuple a vraiment trop de coeur
il se contentera de la grande muraille
post scriptum
dominus vobiscum
le père Coubertin voyait en nous des frères
dans la compétition pour des valeurs si claires
si vous croyez toujours en la pure candeur
écoutez donc Zazie crier avec gouaille
mon machin aujourd'hui c'est que de la volaille...
en langage direct comme vous le voulez
Queneau rigolerait "mon cul c'est du poulet ?"