
Essai en tabagie mineure
Lendemain de Pâques… Etant enfants de chœur,
Suivant la tradition nous faisions l’omelette.
Nous allions quémander pour cette belle fête
Des œufs que les paysans nous donnaient de bon cœur.
Les parents d’un ami nous prêtaient une grange
Et nous aidaient souvent à tout bien préparer.
Ils avaient confiance en ces chers petits anges.
La salle était par eux fort gentiment parée.
Nous avions quelques sous donnés par le curé,
Quelques autres soustraits au plateau de la quête
Et nous avions prévu l’achat de cigarettes.
De le dire bien sûr nous nous étions gardés.
Le repas avalé nous prîmes quelques bières,
Interdites aussi, nous n’avions que dix ans !
Cette pâle boisson nous tous ne l’aimions guère
Mais il fallait agir comme agissaient les grands !
Et puis vint le moment. Au feu des allumettes
Présentant le rouleau, l'objet de mon désir,
J’aspirai goulûment, espérant le plaisir,
Je toussai, m’étouffai… il n’y avait plus de fête !
Autour de moi régnait la grande confusion.
Tout le monde crachait et faisait triste mine
Sauf deux ou trois plus vieux jouant les fanfarons,
Se gaussant de nous voir ainsi dans la débine.
Quelques essais suivants furent plus convaincants
Mais de plaisir vraiment il n’y eut pas miette.
Nous rentrâmes chez nous malades, repentants.
Et je n’avais gagné qu’un violent mal de tête
Il fallut aux parents fournir explications
Et jurer qu’on ne referait plus ce genre de bêtise
Nous reçûmes bien sûr diverses punitions.
Mais vint hélas l’oubli de la chose promise…
Cela me rappelle mes dix ans, j'étais pensionnaire. A l'époque de Noël, l'équipe institutionnelle organisait repas de fête et traditionnelle bûche de noël, petit bal au son d'un orchestre... Les "grandes" nous conviaient à la "débauche", s'effleurer le nez - et les poumons - à la douceur bleue d'une Gitane, bien à l'abri du regard de la surveillante.
Le lendemain, hélas, je ne pus m'extraire de mon lit, le corps tourneboulé sous des vagues nauséeuses. "C'est la cigarette!" s'exclamait la surveillante- "On vous a vue!" Et moi de nier, d'expliquer que la bûche au beurre ne faisait pas bon ménage avec mon foie... En vain! La cigarette était la seule coupable de ces désordres, une sanction était suspendue au-dessus de ma tête... mais j'étais une fille sage, une bonne élève, de quoi plaire aux esprits bien-pensants et la punition s'éloigna en quête d'une autre proie ;)
tu sais ce que tu me racontes là est remarquable ! ça correspond tout à fait au jeu proposé par la Petite Fabrique d'Ecriture (mais tu n'es naturellement pas obligée de participer). Tu devrais en faire une brève de nouvelle, avec ton grand talent, simplement pour ton plaisir, pour le mien, pour celui de tes lecteurs
à bientôt
je t'embrasse amicalement
bien à toi
jean-marie
Bonne soirée
Nadine
Ces premières fois ont toujours un côté nostalgique et émouvant...
même si l'expérience a été décevante, voire même cruelle.
bises amicales
bien à toi
jean-marie
Merci pour ta visite et pour le compliment...
expérience universelle
et banale dans le fond...
c'est peut-être à cause de cette banalité que je l'ai mise en vers...
est-ce un poème ? c'est une autre histoire...
c'est un souvenir cuisant mais aujourd'hui non dépourvu d'émotion pour moi...
amicalement
jean-marie