Le délicieux pensum :

Attrapez le livre le plus proche.
* Ouvrez-le page 123.
* Trouvez la cinquième phrase.
* recopiez-là ainsi que les trois phrases suivantes
* ensuite  taguez 5 personnes à votre tour


Go !

Mes, livres les plus proches ?
Là, dans mon bureau, à portée directe de la main, rien que dictionnaires et recueils, les usuels ... Rimes et assonances, catalan-français, occitan, français argotique, synonymes et contraires, difficultés de la langue...
Bêtement, je suis en train de vous dévoiler mes armes fatales...
Tout près de là, à côté du canapé entre les bras duquel je succombe parfois à une sieste bienheureuse, mon livre de chevet... mon  brévaire,  plutôt mon  livre d'heures...







"Miguel Mañara" d'Oscar Vladislas de Lubicz Milosz... plus simplement Milosz.
Sa magnifique pièce est suivie de son essai de traduction du Faust de Goethe et à la page 123 (édition "la librairie les Lettres")  on trouve une réplique de Faust :

- 5ème phrase (dans la page) :
Mais cherchez donc un gain honnête
Rentrez enfin en vous ne faites pas la bête !

- 6éme phrase :
Une raison bien saine, un coeur sincère et tendre
N'ont que faire de l'art pour se faire comprendre.

- 7ème phrase :
Si vous aviez vraiment quelque chose à nous dire
donneriez-vous la chasse aux mots ?
- 8ème phrase :
Oui, vos mots qui sont si beaux
emberlificoteurs à la langue dorée
m'épouvantent comme le nébuleux Borée
qui court en chuchotant dans les feuilles flétries.

ce qui nous donne la réplique :

                                                       FAUST

Mais cherchez donc un gain honnête
Rentrez enfin en vous ne faites pas la bête !
Une raison bien saine, un coeur sincère et tendre
N'ont que faire de l'art pour se faire comprendre.
Si vous aviez vraiment quelque chose à nous dire
donneriez-vous la chasse aux mots ?
Oui, vos mots qui sont si beaux
emberlificoteurs à la langue dorée
m'épouvantent comme le nébuleux Borée
qui court en chuchotant dans les feuilles flétries.


Vous ne pouvez avoir ici bien sûr qu'une très vague idée de l'oeuvre de Milosz...

J'ai publié naguère deux de ses poèmes :


Et surtout que-
 
Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis-
Les bois, les bois sont pleins de baies noires-
Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puits
Où l’écho, l’écho de juin vient boire.
Et que nul ne prononce mon nom là-bas, en rêve,
Les temps, les temps sont bien accomplis-
Comme un tout petit arbre souffrant de prime sève
Est ta blancheur en robe sans pli.
Et que les ronces se referment derrière nous,
Car j’ai peur, car j’ai peur du retour.
Les grandes fleurs blanches caressent tes doux genoux
Et l’ombre, et l’ombre est pâle d’amour.
Et ne dis pas à l’eau de la forêt qui je suis ;
Mon nom, mon nom est tellement mort.
Tes yeux ont la couleur des jeunes pluies,
Des jeunes pluies sur l’étang qui dort.
Et ne raconte rien au vent du vieux cimetière.
Il pourrait m’ordonner de le suivre.
Ta chevelure sent l’été, la lune et la terre.
Il faut vivre, vivre, rien que vivre…

~~~~~~~~~~


 
Le cimetière des îles Lofoten








Tous les morts sont ivres de pluie vieille et sale
Au cimetière étrange de Lofoten.
L'horloge du dégel tictaque lointaine
Au cœur des cercueils pauvres de Lofoten.

Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chair humaine ;
Et grâce au maigre vent à la voix d’enfant
Le sommeil est doux aux morts de Lofoten.

Je ne verrai très probablement jamais
Ni la mer ni les tombes de Lofoten
Et pourtant c'est en moi comme si j’aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine.

Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines
Au cimetière étranger de Lofoten
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux.
Vraiment, dites-moi, dormez-vous, dormez-vous ?

- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d'argent est pleine.
Des histoires plus charmantes ou moins folles ;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.
 
Il fait bon. Dans le foyer doucement traîne
La voix du plus mélancolique des mois.
- Ah! les morts, y compris ceux de Lofoten –
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi…

 Sept Solitudes



 
O V de L Milosz (1877-1939), écrivain, poète, lithuanien d'origine, et de langue française...




et je dois à mon tour désigner cinq victimes innocentes...

Clo - Fredrianne - Azalaïs - Angelyz - Melly...

mais, selon la formule consacrée, à vous toutes et tous... si le coeur vous en dit... 
Par Lambert Palis (jean-marie) - Communauté : Les amis d'agathe - Publié dans : l'oeuvre des autres
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