quand j’aurai cent ans, ma chère
je me souviendrai



qu’un jour j’ai quitté la terre
je ne trouvai rien mais je cherchai



je n’ai point vu la lumière
qui m’a-t-on dit attirait



les beaux esprits en partance
pour l’au-delà



je n’ai point quitté l’ombre dense
d’un tunnel  sans walhalla


comment ai-pu vivre un siècle
alors que les autres partaient


je ne suis certes pas un aigle
mais je restais



pour mon malheur solitaire
et bien des liens effacés



je ne possède guère
de mon cher passé



que de chaleureux repaires
dans mon vieux cerveau cassé



je me souviendrai je le sais
de petits bonheurs terre à terre



qui remplissent si bien la vie
si petits qu’on les néglige



mais quand on va sur les cent piges
on n’a plus tellement d’envies



alors dites-moi
humblement je vous le demande



si la fin ne connaît d’émois
la vie n’est qu’un truc de contrebande



si l’on n’a plus qu’un cœur froid
à quoi sert que je me souvienne



à éprouver de l’effroi
de l’amertume et de la haine



devant l’humaine condition
quittons plus vite cette arène



ce n’est pas vraie conclusion
elle n’est certes pas amène


mais j’ai joué ma partition












Par Lambert Palis (jean-marie) - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture - Publié dans : mes textes en vers
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