
...mais l’homme propose et les dieux disposent…
Jacky est d’abord très occupé par sa nouvelle installation, la recherche d’un logement dans un quartier tranquille… (pas toujours facile
à Marseille), les contacts avec ses nouveaux collègues, son adaptation à de nouvelles fonctions et à son nouveau grade dans les cadres « spéciaux », autrement dit administratifs (l’armée vous
a de ces euphémismes…).
L’ex-baroudeur, flamand du pays angevin, devenant bureaucrate et Marseillais ! pas simple…
De mon côté, entre mutations, concours, stages… problèmes de santé et familiaux (conjugaux mais c’est une autre histoire)… je ne vois
pas le temps passer…
Des mois… puis des années sans pouvoir profiter du petit navire cher à nos cœurs… qui pourrit lentement dans son coin…
Jacky n’a pas le temps, les problèmes d’intendance militaire sont très prenants… et mon beauf est quelqu’un de très
consciencieux…
Ni ma sœur ni ses enfants ne sont attirés par les activités maritimes…
Et puis la « bonne » mutation pour moi, Lunel !
Nos autres problèmes ont quasiment disparu…
Patatras…
Tout un monde qui bascule !
Un coup de téléphone terrible de ma frangine : Jacky est gravement malade !
La saleté suprême, le crabe…
Au début on a plutôt tendance à miniser le danger à le traiter un peu par le mépris… Les toubibs militaires sont d’ailleurs plutôt
rassurants. Les premiers traitements se déroulent sans problèmes…
Les allers-retours Lunel-Marseille se multiplient, on fait la fête mais on ne pense plus au bateau.
Et puis, et puis les choses se gâtent.
Le cancer des fumeurs, des gros fumeurs, ça ne pardonne pas…
Tout va très vite…
Opérations chirugicales lourdes, rayons, chimio… quelques mois de souffrances indicibles…
Quelques rémissions trompeuses et d’autant plus cruelles.
Mais Jacky est un dur, toujours optimiste.
En réalité sans illusion…
Je reçois seul ses confidences… quand il peut parler, faiblement chuchoter le plus souvent…
Et un certain premier janvier le coup de téléphone de ma nièce…
La fin du voyage…
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à suivre
post scriptum
J’ai hésité longtemps avant de
donner une suite à mon « prologue »…
Aujourd’hui, en écrivant, je revis tous ces
événements et c’est le même crève-cœur.
C’est dur, sans doute.
Mais il me fallait l’écrire...
Rassurez-vous la suite aura une tonalité bien différente.
Comme dit l’imbécile sagesse des nations, la vie reprend toujours ses droits…
...Non ,non, mon Du Périer, aussitot que la Parque
Ote l'ame du corps,
L'age s'évanouit au-deçà de la barque ,
Et ne suit point les morts...
....Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes :
Mais songe à l'avenir,
Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes,
Eteins le souvenir.
François de Malherbe (1555-1628) - "Stances à Du Perrier"
comme consolation, il y a certainement mieux mais dans ces mêmes Stances ce versificateur a plus
heureusement écrit :
Mais elle était du monde ,où les plus belles choses
Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin.
(ces deux derniers vers sont très beaux, et justement célèbres, même si, comme le prétend la légende, ils ne sont que le résultat
d'une faute d'imprimerie...)
par Lambert Palis (jean-marie)
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