La traversée de la passion
Jean M. Malouriès
petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...

Quiproquos...
Je présente mes excuses les plus plates à mes chères amies... mais j'en ai un peu marre d'être sérieux...
Alors voici une petite histoire archi-connue, digne d'un célèbre almanach du début du XXème siècle...
Sur un raffiot quelque peu déglingué, aux hommes d'équipage d'origines très diverses, le commandant est français, comme beaucoup d'entre eux.
Un jeune et beau marin grand, blond aux yeux bleus a attiré l'attention et réveillé la concupiscence d'un vieux loup de mer...
Notre charmant jeune homme, fatigué des avances de plus en plus pressantes et précises de l'ancien, est originaire d'un pays situé au-delà du cercle polaire arctique... le nom du mignon ?
Wolfgang Serguéiévitch Rasmussen.
Il n'a jamais pu s'habituer au sons de la langue de Molière... (?) ni les prononcer correctement...
Certains détectent chez lui un accent très méridional lorsqu'il s'exprime dans cette espèce de volapük qui permet aux gens de mer de tous les pays de se comprendre...
Pourquoi en serait-il ainsi ? c'est un mystère...
Lassé, notre Wolfgang etc. etc. demande à être reçu par le commandant.
"B'jour, mein cap'tain...
- que désirez-vous ?
- y a le vieux Popaul qui m'emm...
- comment ça ?
- y m'fait des bises, y me pelote et y me dit des choses..."
Le commandant sait très bien de qui il s'agit : Paul-Marie Gaëtan de la Loubardière, ci-devant vicomte... qu'après maintes frasques de jeunesse, la justice a obligé à s'engager dans la Royale...
Il s'y est plu et est ensuite passé à la Marchande...
"Je vais rédiger un rapport circonstancié...
- ???
- Exposez-moi précisément vos griefs...
- que j'expose mes quoi ?!!!
- racontez-moi votre histoire !"
L'autre, bafouillant, arrive à dresser un vague tableau du harcèlement dont il est l'objet.
Le commandant saisit une feuille de papier et essaie de résumer pour son rapport...
Il commence à rédiger le brouillon...
Il lit à voix haute :
" Monsieur Paul etc. etc. vous tient donc des propos obscènes...
- qué zob saint... sais pas moi si l'est saint son machin !...
- taisez-vous ! je reprends... Monsieur Paul etc. etc. vous tient des propos obscènes et libidineux..
- non, non, ça va pas, ça, mein cap'tain ! pas li bi di noeud, qu'y veut m'y mèt', pas li bi di noeud, li zob tout entier !..."
me griffez pas, me lynchez pas !
je recommencerais plus...
dommage parce que j'avais prévu pour demain une autre histoire de quiproquo...
pourquoi ai-je ainsi "enjolivé" et modifié quelque peu une histoire si lamentablement banale, gossière, vulgaire ? parce que, tout simplement, au pays de la liberté d'expression il n'y
a pas (encore), je crois, de crime pour "peuples-d'au-delà-du-cercle-polaire-arctique-phobie"...
La marine pourrait-elle se plaindre ? bof...
Claude Manceron ne présente-t-il pas, dans "Les hommes de la liberté", les théories de l'amiral d'Estaing, ancêtre putatif de qui vous savez... ou du Bailli de Suffren, sais plus trop... théories
selon lesquelles une certaine forme de "matelotage" doit être favorisée afin d'avoir la paix sur les navires qui partent pour des mois...
Mais la preuve que je n'ai rien contre personne c'est que, si vous me permettez de revenir demain, mon histoire se passe dans l'Antarctique...
Y a jamais eu de peuple installé là-bas ?
et si moi j'en avais découvert un ?
à suivre, si vous le voulez bien...
Rêvons, si nous le pouvons...
Walt Whitman
Feuilles d'herbe
H.P. Lovecraft
The ancient
track
Rainer-Maria Rilke
Solitude
Omar Kayyam
Rubayat