la vida es un sueño...

petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...





Le vendredi soir, tard, nous allons chercher le break du beau-frère près de Montpellier. Pas de problème... mais la remorque est ailleurs, il faut la prendre dans un terrain à une dizaine de km de là. Elle est au milieu d'un terrain boueux et dans la semi-obscurité elle me paraît énorme...
Nous parvenons à grand-peine à la faire rouler jusqu'à la route et à l'atteler.
Essais d'éclairage, ça marche, sauf...  les feux clignotants et la nuit est là !
Patrick me demande de passer devant avec ma voiture. Il me suivra de très près avec le break, à moi de signaler les changements de direction...
Au premier rond-point en ville, bien sûr une voiture vient s'intercaler et Patrick ne peut plus se rapprocher... Pas très rassurés, nous continuons malgré tout. A la sortie de la ville, il peut me suivre directement à nouveau...
Arrivés à Lunel nous garons la remorque devant chez moi. Intrigué, muni d'une lampe de poche et je vais lire les indications portés sur sa plaque. Je suis atterré ! PTAC : 1200 kg. Ni Patrick ni moi n'avons le permis nécessaire pour tracter les remorques de plus de 750 kg !
Patrick, fatigué, est allé se coucher. Nous avons prévu le départ vers Marseille le lendemain samedi à 7 heures du matin...
Très mauvaise nuit pour moi : pas de permis donc pas d'assurance, et un samedi, c'est la perspective de nombreux contrôles...
et les clignotants du break qui ne fonctionnent pas !
Je ne dors guère.
A l'heure prévue, Patrick arrive et avant même que j'ai pu dire un mot il m'annonce : "mon beau-frère ne m'a pas donné les papiers de la voiture !"
ça y est le tableau est complet !
je hurle "On n'y va pas !"
Patrick n'est pas du tout de cet avis, "Faut y aller !"
je râle mais je me laisse embobiner...
On attelle la remorque...
Nouveau test, les clignotants fonctionnent ! mais tiendront-ils jusqu'au bout ?
On y va...

Il est tôt...
Patrick conduit
A part la peur au ventre... aucun problème jusqu'au gardiennage...
Ma soeur et son fils nous y attendent.
Vision d'apocalypse !
Le bateau, plein de déchets de toutes sortes git, couché sur le côté, calé par quelques pneus...
le moteur est bloqué, irréparable nous dit mon neveu Laurent
Pas de treuil... un énorme travail pour nettoyer et hisser le bateau sur la remorque...
Laurent, toujours le mot pour rire nous promet "on viendra vous apporter des oranges aux Baumettes..."
On part... une émotion au péage d'Arles... des hommes en bleu...
Ils ne nous remarquent pas !
On arrive enfin à Lunel...
Bon repas bien arrosé pour faire passer la trouille...
Après un courte sieste, direction "le port", le cabanon.
Nous avons convoqué beaucoup de monde car à cet endroit les berges du canal sont assez hautes, la pente abrupte et la mise à l'eau n'est pas facile... mais il n'y a pas vraiment d'endroit plus commode...
On réussit au prix de quelques ecchymoses et glissades dans l'eau terreuse où s'ébattent des canards et d'énormes ragondins fort surpris...
On nettoie le pont... et l'on constate que les réparations faites naguère à la coque ne sont pas très solides... la couche de résine semble transparente.
Un ami nous a prêté un moteur de 15 CV (alors que le maximum autorisé sur ce type de bateau est de 10 CV).
Patrick et moi composons le premier équipage (l'ami possède bien son permis maritime). Le moteur démarre à la perfection... direction le grand canal...
Tout va bien. Nous avançons lentement mais sûrement..
Nous sommes assez déjà assez loin du cabanon.
Soudain un grand bruit, un râclement sinistre... le moteur s'accroche à quelque chose. De l'eau commence à pénétrer dans le bateau... nous appelons les aides bénévoles...
Ils suivaient de loin. Quelques-uns arrivent et rigolent... jusqu'à ce qu'ils se rendent compte du désastre. Le bateau ne s'enfonce, pas un objet dur le retient et la boue accumulée au fond du canal l'empêche de couler...
Nous devons quitter le navire...
Il y avait dans ce canal d'anciennes vannes et une structure en béton était restée sous l'eau. Personne n'en avait parlé... d'autant plus que nous ne nous étions même pas renseignés...
Un artisan viendra enlever l'épave...

C'est la triste fin du Franky...




par Lambert Palis (jean-marie) communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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