De retour après une absence...
j'ai la sinistre impression
d'être un peu dans la  souffrance
d'être l'objet d'inattention

alors j'ai cherché Apollinaire
son héroïne douce amère...

à  peine l'ai-je cherché
le poème j'ai déniché

car il y a des coeurs fidèles
même si mon âme rebelle.
reconnaît qu'elle a péché

je connais mon Apollinaire
je connais sa parole fière
il n'y a en elle rien de vil

 
Marizibill


Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes
 


Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C'était un juif il sentait l'ail
Et l'avait venant de Formose
Tirée d'un bordel de Changaï



Je connais gens de toutes sortes
Ils n'égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints 
  Leurs cœurs bougent comme leurs portes
 

 

(Alcools)

 


illustration d'Alain Bonnefoit


Par Lambert Palis (jean-marie) - Communauté : Les amis d'agathe - Publié dans : poèmes des autres
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