Ce soir, je me suis un peu réconcilié avec France
Télévision..
France 2 a fait preuve d'originalité en nous présentant "Le voyage de la
veuve", un téléfilm de Philippe Laïk
Une histoire qui vaut son pesant d'or...
La voici à peu près telle qu'elle est présentée dans la plupart des
magazines :
"La loi est la loi, guerre ou pas. C'est en vertu de ce principe intangible
que, en pleine offensive de l'armée allemande en mars 1918, des soldats français sont réquisitionnés pour convoyer une guillotine à travers le front du Nord et permettre à la justice belge
d'exécuter un criminel de droit commun".
(La Belgique n'applique plus le châtiment suprême depuis fort longtemps et
s'est débarrassée de tous ses "bois de justice"
Le Roi des Belges demande à Clémenceau de le dépanner en lui prêtant aussi le
Grand Maître des cérémonies, le bourreau en titre, Anatole Deibler)...
"Des milliers de combattants meurent chaque jour dans les tranchées, mais sept
hommes vont risquer leur vie afin d'en tuer un autre « dans les règles » : l'intrigue peut paraître absurde, elle est pourtant authentique."
c'est la raison d'Etat, la déraison, la dérision...
du Gand Guignol,
du Kafka,
du Céline...
j'aime,
j'adore !
Une situation aussi absurde qu'abjecte...
Seulement
c'est dans le sang, et l'horreur...
Philippe Laïk insiste à juste titre sur cet aspect tragi-comique de l'histoire
avec un humour très noir qui ne fait jamais oublier la guerre.
Les acteurs sont remarquables.
Mais les dialogues, sont parfois trop appuyés comme si l'on voulait démontrer
quelque chose.
Il n'évite pas les clichés.
Comme dans le magnifique film "Le juge et l'assassin", de Tavernier où
Jean-Roger Caussimon interprète le chant d'Eugène Pottier "Elle n'est pas morte" (la Commune) le téléfilm d'aujourd'hui se termine par "La Butte Rouge"...
Cette Butte Rouge n'est pas la Butte Montmartre, haut lieu de la Commune, comme
on pourrait le croire, mais celle, près de Bapaume en Champagne où se déroulèrent de terribles combats aussi bien en 1870-1871 qu'au cours de la guerre de 1914-1918.
chanson de Montéhus sur une musique de Georges Krier
interprétée ici par Renaud