j'ai déjà publié ce texte... plusieurs fois peut-être... j'ai reçu des commentaires charmants que j'ai pieusement conservés. ce soir j'ai tout simplement envie de célébrer la St Valentin à ma façon....
Passages
J’eus
de la chance dans ma vie, la chance d'avoir rencontré des amis, des compagnes, des compagnons qui ont suscité en moi des sentiments confus, forts, souvent inattendus mais profonds...
Compagnes, compagnons ? jusqu'à treize, peut-être quatorze ans, cela m'était totalement indifférent. J'ai eu des copains qu'alors j'ai aimébien au-delà de la simple camaraderie, de la pâle cajolerie.
Il m'en souvient, ils étaient tous mignons, ces gentils garçons, et à cet âge, imberbes, superbes, légèrement efféminés. Si leur fréquentation provoquait chez moi de doux émois je n'ai jamais pensé à autre chose qu'à un échange de vagues caresses et de tendres baisers
Et puis vinrent les filles, des voisines, des cousines… Pendant quelque temps nos comportements ne changèrent guère et puis, tout doucement monta l'attrait du mystère...
Oh, je savais bien ce qu'il en était de la différence anatomique mais tout ce qui entourait ce monde fantastique bouleversait mon cœur, me donnait le vertige, que dis-je, me faisait un peu peur... Et puis les caresses devinrent moins chastes, plus enthousiastes sans jamais aller trop loin …
Il y a deux ou trois mots enfantins que je ne peux m'empêcher de répéter sans cesse : C'était doux et c'était tendre. C’était doux et tendre d’apprendre ces folles caresses qui nous laissaient pantelants au bord du gouffre. C'était doux, c'était tendre ce moment d’avant...
d’avant que tout bascule dans le dur désir, et le violent plaisir. Dans l’attente et la recherche ardente avant l'accomplissement. Et ce moment voluptueux à défaillir, presque à en mourir, j'aurai voulu le savourer, le préserver le plus longtemps possible.
C'est sans aucun doute sur ma route la joie indicible de ma vie. Quand je me retourne aujourd'hui, quand je revois cette existence intense, ces heures sublimes me font venir des larmes, me désarment.
Le vrai bonheur n'est pas de flamme, il n'est pas dans l'achèvement. La perfection n'a pas d'âme. Il est dans cette attente chaude et haletante, cette amoureuse amitié qui se transforme, hélas, sans tarder, qui s’altère en fureur, qui meurt d’indécente manière.
Mais pour la conserver il faudrait rechercher l'inaccessible amie, celle d’une seule vie. Qu'importent les détours, et qu'importe l’amour, la vérité est toute entière dans la moiteur trop douce et trop amère.
C'est beau la retenue mais qui peut résister à une fille nue à l'ardente prière ?
Je disais mon bonheur, vois-tu,
il est dans la tendresse il est dans la beauté de cet après-midi où, couchés tous les deux dans l'herbe bien épaisse nos corps avaient creusé un parfait petit nid.
Et la tendresse, hélas, bien sûr n'a pas suffi, elles sont allées trop loin les si douces caresses... Quand la sève est puissante, il n'est point de promesse de ne pas dépasser ce qu'on croyait permis.
Puis l'amour est banal, ce n'est qu'une kermesse, un jeu où l'on se brûle pendant que l'on grandit. Mais nous saisit bientôt la profonde tristesse, il va finir le temps qui nous fut imparti...
On voudrait retrouver la seule gentillesse, la foi et l'idéal sont à jamais enfuis... On éprouve surtout une grande faiblesse, les élans ne sont plus que vains jeux de l'esprit.
Autour ne nous s'ajoutent les détresses. Chaque jour on apprend que quelqu'un est parti, c'est un copain d'enfance, un frère ou un ami. A la fin de la route il n'y a pas la sagesse...
On se moque de vous, et de votre tristesse Souvent vous constatez que vous semez l’ennui On prend votre lenteur pour la simple paresse… Ce n’est qu’avec froideur qu’on vous donne un appui.
A la fin de la route il n'y a pas la sagesse. Il n’y a plus désormais que ce que l’on vous dit : « Vous êtes jeune encore, vous avez bien mûri, L’âge ne compte pas, vous avez la noblesse »
Ils sont beaux du haut de leur printemps béni . Vous êtes une ruine, qui tremble et qui s’affaisse Et vous n’avez plus rien, et vous êtes maudit… Vous constatez enfin que tout est accompli.
Partez donc, allez-y, elle est dite la messe ! Depuis toujours les dés du sort avaient trahi… Mais on ne veut rien voir, au moins tant qu’on jouit... Pour deviner il faut que la fin nous agresse…