ce ne sont que des mots
des mots sans importance
n'entrez donc pas en transe
si vous les trouvez sots
qu'on me pense hypocrite
que je fais le barbon
je sais je vous irrite
je suis très loin du ton
qui célèbre le mythe
c'est un autre tableau
qu'aujourd'hui je présente
il n'est vraiment pas beau
mais son rythme me hante
un cauchemar banal
qui ternit quelque peu ce qui tant vous enchante
je n'ai jamais aimé le bruyant carnaval
et l'esprit qui l'anime
cette fête du mal
même en Sérénissime
je vois des âmes déguisées
sous leur pâleur cruelle
des mères maquerelles
fourberies aiguisées
cruauté des yeux vides
de ces vieilles cachées qui se voulaient splendides
de vertus éperdues
de Seigneuries perdues
que la folie débride
je n'y vois point de joies
je n'y vois que des proies
je n'y vois que les rides
de la ville en décor
des prêtres tolérant ces instants de révolte
les chants et le bûcher promettant la récolte
victoire sur la mort
prétendaient les prophètes
et pour moi savez-vous les rires que voilà
ne font pas une fête
je m'en vais de ce pas loin de ces falbalas
je ne suis point méchant et surtout je regrette
si votre bon plaisir j'ai ce jourd'hui blessé
esbaudissez-vous donc écoutez Théophile
j'ai chanté des païens la horde qui défile
et puisque j'ai gâché semble-t-il un régal
dans mes divagations j'offre ce festival
de crainte irraisonnée de retour de l'an mille
d'un délire abyssal
ce ne sont que des mots
des mots sans importance
n'entrez donc pas en transe
si vous les trouvez sots