Sainte

 Sainte Cécile jouant de la harpe sur l’aile d’un chérubin.



A la fenêtre recélant
Le santal vieux qui se dédore,
De sa viole étincelant
Jadis avec flûte ou mandore,


Est la Sainte pâle étalant
Le livre vieux qui se déplie
Du Magnificat ruisselant
Jadis selon vêpre et complie :


A ce vitrage d’ostensoir
Que frôle une harpe par l’Ange
Formée avec son vol du soir
Pour la délicate phalange


Du doigt que sans le vieux santal
Ni le vieux livre elle balance
Sur le plumage instrumental,
Musicienne du silence.



Stéphane Mallarmé, "Poésies" - 1865




Par jean-marie - Communauté : Les amis d'agathe - Publié dans : poèmes des autres
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