
Un article écrit il y a plusieurs mois...
à quelle occasion ?
anniversaire ?
je ne sais plus...
cet après-midi une émission de télévision m'a donné envie de retrouver ce billet
et de le publier à nouveau...
Salut, Joe
Il y a longtemps que je voulais te parler...
Pourquoi aujourd'hui plutôt qu'un autre jour ?
Pourquoi pas...
Si je te tutoie c'est d'abord
parce que ton souvenir m'est cher,
parce que tu aurais aujourd'hui l'âge que j'ai aujourd'hui,
parce que j'apprécie de plus en plus ce que tu nous a laissé,
parce que je sais combien nous manque ce que tu as oublié
de nous laisser en partant si tôt,
parce que notre bateau prend l'eau chaque jour un peu plus,
parce que je vois la pauvreté,
la quasi-nullité du milieu que tu avais réussi à éclairer.
Les musiques à vomir sur des paroles de haine,
de pitoyables pantins poussés dans l'arène
par des bonimenteurs sans conscience.
Parce que ton père avait été victime du maccarthysme
des intellos auraient aimé
que tu deviennes un missionnaire,
leur commissionnaire…
Ils n’ont jamais pardonné ton abstention…
Excuse-moi : abstention est un mot injuste
Tu as pris la vie à bras le corps et tu l’as chantée
Magnifiquement.
Puisque tu avais fait de solides études universitaires,
ils comptaient t’exploiter...
Dans une émission
dont j’ai pieusement conservé la
mémoire
on t’a dit à peu près ceci :
- Avec le bagage intellectuel que vous avez,
vos chansons pourraient voler plus haut…
Ta réponse, tes répliques sont des modèles :
- Je ne comprends pas ce que ça veut dire
voler plus haut, célébrer un obscurantisme
plutôt qu’un autre, ça ne m’intéresse pas...
...Ce n’est pas parce que quelqu’un a acquis une notoriété
dans une activité artistique
que son opinion politique
a plus d’importance que celle d’un autre…
...Si j’avais une recette pour corriger
toutes les injustices du monde,
je ne serais pas chanteur
mais homme politique.
Cette recette, je ne l’ai pas.
Et tu as chanté « ça va pas changer le monde ».
ce n’est qu’un titre.
Ta belle chanson
parle d’autre chose
d'amour
mais ce titre je veux le voir
comme une gifle
à tous les cuistres,
les prêcheurs de solidarité
de pacotille…
les vendeurs
de bon cœur.
les auto-proclamés
maîtres à penser…
Merci, Joe
Paroles: Pierre Delanoë, Claude Lemesle et Vito
Pallavicini, musique: Joe Dassin et Pino Massara
C'est drôle, tu es partie,
Et pourtant tu es encore ici,
Puisque tout me parle de toi:
Un parfum de femme, l'écho de ta voix.
Ton adieu, je n'y crois pas du tout,
C'est un au revoir, presqu'un rendez-vous...
Ça va pas changer le monde,
Il a trop tourné sans nous.
Il pleuvra toujours sur Londres...
Ça va rien changer du tout.
Qu'est-ce que ça peut bien lui faire,
Une porte qui s'est refermée?
On s'est aimés, n'en parlons plus,
Et la vie continue.
Ça va pas changer le monde
Que tu changes de maison.
Il va continuer, le monde,
Et il aura bien raison.
Les poussières d'une étoile,
C'est ça qui fait briller la voie lactée...
On s'est aimés, n'en parlons plus,
Et la vie continue.
Ça va pas changer le monde,
Ça va pas le déranger.
Il est comme avant, le monde,
C'est toi seule qui as changé.
Moi, je suis resté le même,
Celui qui croyait que tu l'aimais...
C'était pas vrai, n'en parlons plus,
Et la vie continue.