il y eut tant de cris traversant mon enfance
du marchand dans les rues attirant le chaland
j'entends d'ici l'appel sonore et plein d'outrance
de ce gagne-petit, le vendeur ambulant
le marchand de marrons prenait toute sa place
suivi du chiffonnier qui chantait en patois
je ne comprenais pas les mots du vieux matois
mais pour moi son refrain avait beaucoup de grâce
pelharot ! pelharot !
pel de lebre pel de lapin
e de borra de catin
ganhi ma vida coma podi
pelharot ! pelharot !
je ne comprenais pas le nom de ces marrons
ce n'était à mes yeux que des chataîgnes bêtes
des marrons on faisait avec des allumettes
piquées deci delà des bonshommes tout ronds
et les marrons que nous avons connus ensuite
ont changé de nature... couleur de trahison
coup de poings échangés au cours de la baston
couleur de liberté des esclaves en fuite
Une petite traduction ?
c'est bien sûr de l'occitan, pas du patois ! mais l'école de la République Française, une et indivisible, nous avait tellement abrutis alors...
Chiffonnier ! Chiffonier ! peau de lièvre peau de lapin et de poils de catin je gagne ma vie comme je peux Chiffonnier ! Chiffonier !