La traversée de la passion
Jean M. Malouriès
petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...
Jeux (la bouvine)
La bête noire
Aux cornes parées de glands
Garde la mémoire
Des grands papillons blancs
Ils vont venir à elle…
Elle les poursuivra.
Ils l’agacent à tire-d’aile
Mais pas un ne la blessera.
Farandole païenne
(essai pour une fable érotico-onirique)
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Le bateau poussé par la tempête
s’est brisé sur les rochers au-dessus des débris apparaissent les têtes de quelques survivants treize jeunes filles et sept gars tous à peu près du même âge La marée leur permet de regagner la côte le petit matin les surprend incrédules, tremblants de peur de froid car ils sont peu vêtus des restes de la nuit courtes chemises pour les filles maillots pour les garçons certains portant chandails et pantalons marins, déchirés lamentables l’un d’eux a sauvé un carabine l’autre a pris une épée Dans le soleil tout change soudain ils ne ressentent plus le froid mystérieusement le froid et la peur disparaissent la joie d’être vivants ils ne sont plus eux-mêmes ils ont dans la tête une musique entraînante qui accompagne le soleil dans sa course ils se prennent par la main et la chaîne s’élance ils murmurent ils chantent évohé Isis évohé Le passé le présent se confondent ils sont aujourd’hui et hier et demain il n’y a plus de compte des jours Ils dansent en avançant ils ne quittent pas le bord de mer ils veulent contempler le tableau changeant de la fureur qui a failli les engloutir ils ont oublié ceux qu’ils ont laissés parmi les planches et les poutres ils n’ont plus faim ni soif ont-ils le sentiment de l’immortalité ? Le temps est aboli spectacle émouvant tendre Qui les voit au crépuscule croit voir le paradis et ne voit que sa mort, et s’éteint peu après |
Ce sont les nouveaux pastoureaux
c’est le grand retour de la croisade des enfants moins sanglante que la précédente mais leur bonheur sème la mort la mort sans la terreur la mort par le bonheur Tout le jour marche et danse quand vient la nuit cachés dans un buisson dénudés ils s’entassent la masse recouverte des modestes haillons qui subsistent encore nul mortel ne doit voir la fête du plaisir La confusion y règne mais la loi n’est qu’un mot jouissance De la bouche féminine les lèvres se referment sur un pénis dressé avalant goulûment la sève enfantine Un autre sexe mâle déverse sa semence dans un proche vagin ouvert comme la fleur sucrée qui attend l’abeille humide et chaud L’orgasme ne finit point en un râle sinistre partout de doux murmures des doigts légers caressent lentement la pointe d’un beau sein. La langue fait frémir les sens exacerbés chatouille joliment un clitoris gonflé La bouche se nourrit des divines liqueurs Dans cette obscurité complice n’y aurait-il parfois des erreurs d’aiguillage ? la beauté est imberbe et la douceur la même Les filles ont parfois la vague nostalgie de leurs fonctions sacrées regrettant un instant les menstrues disparues… évanescent feu follet de la maternité mais ce n’est qu’un éclair Qu’arrive-t-il au monde ce serait simple et beau retrouver comme eux le paradis perdu sur la terre ? dans un ciel incertain ? évohé Isis évohé |
Séides
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Autre rêve autre mystère
dans un pays imaginaire le roi justement craintif devant la grande misère le triste sort de sa patrie veut trouver des mercenaires dévoués expéditifs dans sa tête ils bivouaquent les cosaques du grand tsar pas les rouges les bâtards les faux jetons de Staline il pense aussi dans son noir cafard à ses juifs à ceux du pape enfin libérés tous armés des très longues carabines aux vieux truands et vieilles frappes devenus chevaliers blancs mameluks et janissaires le roi veut des mercenaires qui savent verser le sang il est encore hésitant...
Dans le vif de la prière
lui vient soudain à l'esprit peu logique son esprit il voit un peuple naguère maudit parmi les bannis qui tiendra ce rôle béni |
bien pourvu en privilèges
affranchi de tout sacrilège il aura droit de voler tuer aucune miséricorde l'ennemi de l'autorité droit de sac et droit de corde tous les biens on lui accorde contre la pègre étrangère étrangère à notre foi ceux qui haïssent nos congénères ceux qui rejettent la croix peuple des errants des errants sans frontière es-tu prêt à venir au secours des Francs pour toi fils d'une autre Bohême dans cette légion que l'on aime il n'y a ni crime ni châtiment à toi d'agir promptement elle te pourchassait la police elle sera ta complice. à toi peuple géant à toi peuple de mille ans
Quand finira l’oeuvre guerrière
tu retrouveras de Django la belle musique altière la liberté tout de go le Grand Oeuvre Grande Mère Mais le roi est imaginaire la pays n'existe pas ta foi n'est en rien militaire on ignore où vont tes pas |
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Autre déchirement (Voici la moult ancienne et triste complainte... )
Rêvons, si nous le pouvons...
Walt Whitman
Feuilles d'herbe
H.P. Lovecraft
The ancient
track
Rainer-Maria Rilke
Solitude
Omar Kayyam
Rubayat