la vida es un sueño...

petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...

Eloge du rognon…

quelle nouvelle lubie ? qu’est -ce que ça veut dire ? bof… je n’en sais trop rien mais soyez rassurés, ni morale, ni politique (d’ailleurs ces deux mots côte à côte… ça fait pas très sérieux. Et allez, c’est parti, mon kiki)…
J’ai envie de m’amuser. J’aurais pu mettre ça dans un nouvel article intitulé une fois de plus « j’aime les histoires marrantes des autres » mais ce n’est guère possible pour deux raisons : d’abord cette histoire n’est pas particulièrement désopilante, souriante tout au plus, ensuite parce qu’elle n’est pas tout à fait « des autres » puisque la « mésaventure » a eu pour personnage principal ma douce moitié… douce, enfin… pas toujours, faut reconnaître que je suis parfois un sacré emmerdeur, et c’est moi qui l’ai mise en scène (la mésaventure, pas ma femme…). En effet, si je me contentais de raconter l’histoire proprement dite, il y suffirait de quatre ou cinq lignes et aujourd’hui, entre autres envies pressantes, je ressens le besoin d’écrire.
Nous allons donc prendre des chemins particulièrement tortueux avant d’arriver au but.

Pourquoi le rognon ? Une amie, avec qui je corresponds sur Over-Blog m’en a donné l’idée. Elle sera peut-être surprise quand elle saura d’où je suis parti pour en arriver à ce conte à dormir debout à travers mille et une digressions, toutes plus farfelues les unes que les autres…
Attachez vos ceintures, c’est un voyage au long cours. Vous pouvez toujours abandonner en cours de route, vous ne perdrez pas grand-chose.

Je suis un farouche carnassier-carnivore et gros (oui, oui… assez volumineux) mangeur. Je suis d’accord avec presque tout ce qu’entreprend mon grand amour de toujours, Madame Brigitte Bardot, et sa fondation, mais sur ce plan-là, le désaccord est total, manger uniquement de l’herbe, très peu pour moi…
L’éloge du rognon sera surtout d’ordre gastronomique, pas culinaire, je ne suis pas foutu de me faire cuire un œuf…
Mais avant d’en venir à ce qui est mangeable dans le rognon, il faut commencer par des considérations sur la partie non comestibles du sujet. Mais j’aime tout ce qui se rapporte au rognon en général
Tout d’abord il faut savoir que le mot Rognon est un patronyme très porté dans certaines régions de France, et par des pasteurs plus ou moins célèbres. C’est le nom de jeune fille de ma belle-sœur, jurassienne et j’aime naturellement beaucoup ma belle-soeur…
Et puis, beaucoup plus consistant et infiniment plus coriace, il y a le rognon de silex ! Ces sphères de quartz de toute taille que l’on trouve dans les couches de terrains sédimentaires (tenez-vous à la rampe, j’ai pas fini de vous étonner aujourd’hui par l’étendue de mon savoir !!! mais malgré tout je reste très modeste, comme vous pouvez le constater). Ces boules de silex d’où nos ancêtres ont tiré un outillage lithique qui confine souvent à l’œuvre d’art : bifaces splendides appelés « amandes  acheuléennes », magnifiques « feuilles de laurier » solutréennes, pointes de flèches, grattoirs et burins magdaléniens… Vous pouvez vérifier !
Comme presque personne ne va sur ma simili-autobiographie plus ou moins imaginaire pompeusement ( ? ) intitulée  « Affabulations  » dans ma douce « traversée de la passion » et ne reculant devant aucun sacrifice, ma modestie naturelle dut-elle en souffrir, je vous révèle que mes chères études m’ont amené à acquérir, entre autres, des diplômes aussi variés qu’inutiles, quelques certificats de licence du genre « archéologie préhistorique », « préhistoire africaine », « ethnologie »… Je vous en mets plein les mirettes, n’est-ce pas ? ça vous en bouche un coin… en rigolant, je vous en apprends de bonnes… J’avais vraiment du temps à perdre « du temps de ma jeunesse folle. » J’ai pas la grosse tête pour autant… je crois pas, d’autant plus que ces études remontant à quelques décennies et n’ayant jamais été rafraîchies ( peut-être la manip Ctrl+F5, comme sur OB marcherait-elle mais j’ai pas trouvé le clavier idoine)… Les millions d’années se sont rajoutés, mes Olduway et Omo ont été bouleversés, les Coppens, de Lumley et leurs successeurs ont continué à travailler et moi j’ai dormi sur des lauriers définitivement fanés. De toute façon, ça ne m’a pas permis d’aller en V2 avant tout le monde…
Et puis, nos ancêtres moins lointains et moins joyeux ont tiré de ces rognons un outil plus sinistre : le silex pyromaque, autrement dit la pierre à fusil…

Va-t-on enfin en arriver aux rognons comestibles et à l’histoire promise ? oui, oui, mais je vous préviens, y a pas de quoi grimper aux arbres…
Vous savez tous et toutes que le rognon chez l’animal transformé en simple barbaque n’est pas autre chose que ce que l’on appelle plus noblement chez l’être humain le Rein
C’est bon le rognon ! je ne vais pas vous parler de toutes les recettes, c’est un morceau de choix…
J’avais deux frères et une sœur et nous mangions fréquemment du lapin. Le modeste élevage familial fut bien précieux lors de certaines périodes difficiles…  Nous étions donc quatre, et un lapin, ça n’a que deux rognons d’où disputes à n’en plus finir… Difficile de partager, il fallut établir un tour de rôle…
Et plus tard nous découvrîmes une autre variété de rognons , les rognons blancs. C’est extraordinaire, c’est fameux, pour moi bien supérieur à tous ce qu’on appelle ris, qu’ils soient de veau (un sommet ) ou d’agneau… et bien entendu rien à voir avec le banal rognon que nous pourrions appeler, par exemple... rouge...
Il n’est pas toujours très facile de se procurer des rognons blancs. Les bouchers n’en ont pas souvent. Eux-mêmes ou les gens des abattoirs doivent se les réserver…
Dans notre ville, ma femme se rend donc chez le boucher, un peu tripier, habituel pour voir, si par hasard…
Beaucoup de monde dans la boutique. Le maître des lieux est momentanément absent. C’est un jeune apprenti qui sert les clients. Quand vient son tour, ma femme demande s’il y a dans le magasin de la précieuse denrée : «  Avez-vous des rognons blancs ? ». Le jeune répond aussitôt « mais oui, madame, quelle quantité ? »
Ma femme, étonnée, qui n’avait rien vu dans les vitrines demande « Où les avez-vous ? »
L’apprenti répond « mais là, Madame, dans la vitrine, devant vous… 
- Mais ce n’est pas ça que je veux, ça ce sont des rognons ordinaires, je veux des rognons blancs… »
Le jeune reste perplexe
On entend soudain une voix tonitruante et rigolarde qui hurle « mais tu comprends rien, c’est des couilles qu’elle veut la dame ! »

Le boucher qui venait de rentrer, avait entendu la fin de la conversation. Il se montrait particulièrement satisfait de son exploit devant l'assistance médusée…
par Jean M. Malouriès (Lambert Palis)
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