La traversée de la passion
Jean M. Malouriès
petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...
La Piste très ancienne
(The ancient track)
Il n'y eut pas de main amie qui me retienne
La nuit où je trouvai la piste très ancienne
Qui franchissait les monts, quand je crus découvrir
Ces champs qui depuis peu hantaient mon souvenir.
Cet arbre et puis ce mur, je les reconnaissais,
Les toits et les vergers et les ombrages frais
M'étaient très familiers, présents à ma mémoire
Comme pour raconter une récente histoire.
Je savais quelles ombres je verrais s'allonger
Lorsque finalement la lune à son lever
Apparaîtrait, brillante, au-dessus de Zaman,
Pour baigner la vallée de sa lueur safran.
Et lorsque le sentier devint plus raide encor,
S'élançant vers le ciel dans un ultime essor,
Je le gravis sans peur, sans craindre un seul instant
Ce que je trouverais, là sur l'autre versant.
Je marchais vaillamment, dans la phosphorescence
Du clair de lune pâle, dont la lumière dense
Révélait les pignons, les murs, les colombiers
De ces fermes spectrales qui bordaient le sentier.
J'aperçus une borne et je la reconnus -
« Une lieue pour Dunwich » - et maintenant la vue
De lointaines maisons et d'un clocher pointu
S'étendrait devant moi, après dix pas de plus...
Il n'y eut pas de main amie qui me retienne
La nuit où je trouvai la piste très ancienne
Et atteignis la crête pour voir les contreforts
D'une vallée perdue, d'une vallée de morts :
Au-dessus de Zaman, le mince croissant d'une
Maléfique et sombre et redoutable lune
Se levait sur les lierres et les pierres moussues
De ruines lézardées que je n'avais pas connues.
Les feux follets dansaient sur landes et marais.
Des étranges ruisseaux une brume montait
Dont les grises volutes niaient à mon effroi
Que jadis j'avais pu connaître cet endroit.
Sous mes yeux éclatait l'amère vérité,
Mon passé bien-aimé n'avait pas existé
Je ne me trouvais pas non plus sur cette sente
Descendant vers la tombe pleine d'âmes errantes.
Autour de moi la brume - au-delà la jonchée,
De poussières d'étoiles parmi la Voie Lactée ...
Il n’y eut pas de main amie qui me retienne
La nuit où je trouvai la piste très ancienne.
H.P. Lovecraft
(1890-1937)
publié dans Weird Tales
traduction française Editions J'ai lu
Howard Phillips Lovecraft, plus connu sous la signature de H. P. Lovecraft (1890 - 1937), écrivain américain de science-fiction, de fantastique et d'épouvante. Il est l'auteur de quelque soixante nouvelles, d'un roman et de poèmes, d'articles de philosophie et de sciences. Son oeuvre n'eut véritablement du succès qu'après sa mort.
J'écris ce qui suit afin de prévenir des attaques qui prouvent une compréhension et une connaissance fort limitées, et surtout le mépris de la
poésie... Pour certains, il n'est de bons écrits que ceux qui conviennent à leur sensibilité politique...
Je pourrais montrer que je sais utiliser, moi aussi, une certaine encyclopédie numérique... On y découvre que l'oeuvre d' H.P. Lovecraft est dominée par deux notions, celle du temps
et celle du rêve... Il suffit de se pencher attentivement sur le poème d'aujourd'hui pour s'en rendre compte.
On y apprend en outre que notre auteur a eu des opinions racistes... Le milieu familial y était pour beaucoup...Tous les amateurs de ce genre littéraire le savent. Il n'est abolument pas question
de faire l'apologie du personnage. Y a-t-il une allusion quelconque dans le beau poème que je vous présente ici ? A-t-on le droit d'apprécier ses oeuvres ? Je risque quoi ? Une
interdiction de publier ?
Pour certains esprits chagrins, un tel écrivain ne mérite peut-être pas d'être lu ou cité... même, si , sur la fin de sa vie, (il est mort relativement jeune) il a changé
d'opinion... Y aura -t-il miséricorde ? Il n'y a que les pierres qui refusent obstinément d'évoluer... Les censeurs et leurs thuriféraires auront bientôt une formidable connaissance
générale puisque si l'on brûle ou interdit simplement les ouvrages dont les auteurs n'ont pas toujours été du bon côté, il ne restera plus grand chose de la littérature mondiale...
Bonsoir Jean-Marie !
La beauté de ces mots me touche, et me semble si familière. Une sorte d'écho inspiratif, sans doute, la trace de mes influences bien que je connaisse plus l'auteur de nouvelles que le poète.
Merci de m'avoir donné ce lien !
Bises
Merci de ton passage, chère Frederianne
bisous
amicalement
jean-marie
Facile pour moi de ne lire que la poésie de cet homme puisque je le connaissais pas. Qu'il eut été raciste ou pas, ne changera rien à ma lecture. Quant à ma bibliothèque, elle est sûrement plus ouverte que la plupart des esprits chagrins qui voudraient nous faire avaler de force leur pensée unique ... et à mes yeux, bien pauvre ... Si demain, je décide de ne plus lire que ce que nous conseillent nos nouveaux apôtres à la triste culture, alors, c'est que Dieu m'aura vraiment abandonné ...
Bon week-end à toi. Je t'embrasse. France
bonsoir, Valérie,
merci, ma grande...
ce n'était pas vraiment une question de santé, je n'avais pas trop le moral, à cause surtout de problèmes techniques : je ne pouvais plus écrire dans le forum, pendant trois ou quatre jours, je n'y comprenais rien... aucune intervention possible... virus ? bannissement ? mon problème venait surtout de mon anti-virus qui ne pouvait pas prendre une mise à jour et que je ne pouvais plus réinstaller... aller sur le net sans parapluie, c'est pas recommandé... j'ai changé d'anti-virus et aujourd'hui ça marche. J'ai cassé les pieds à Angélyz et Vger... mais c'est passé.
Beaucoup plus important : comment va ton petitou ? mieux, j'espère. Et ton boulot, toujours aussi dur, je suppose. Ton dernier article m'a plu et il a eu du succès... j'en suis très heureux. Essaie de te reposer pendant ce week-end...
je te dis bonne nuit
à bientôt
grosse bise
jm
Rêvons, si nous le pouvons...
Walt Whitman
Feuilles d'herbe
H.P. Lovecraft
The ancient
track
Rainer-Maria Rilke
Solitude
Omar Kayyam
Rubayat
j'ai un peu honte... je ne suis pas très fidèle dans mes visites...
mais tu peux être sûre que je ne t'oublie pas
et tes aventures (et mésaventures... )malgaches ne me laissent pas indifférent, loin de là !
je vais faire un effort, promis, juré !
je t'embrasse amicalement
bien à toi
jean-marie