
il y eut tant de cris parcourant mon enfance
du marchand dans les rues attirant le chaland
j'entends d'ici l'appel sonore et plein d'outrance
de ce gagne-petit, le vendeur ambulant
le grilleur de marrons prenait toute sa place
suivi du chiffonnier qui chantait en patois
je ne saisissais pas les mots du vieux matois
mais pour moi son refrain avait beaucoup de grâce
pelharot ! pelharot !
pel de lebre pel de lapin
e de borra de catin
ganhi ma vida coma podi
pelharot ! pelharot !
je ne comprenais pas ce qu'étaient ces marrons
car à mes yeux d'enfant simples chataîgnes bêtes
des marrons on faisait avec des allumettes
piquées deci delà des bonshommes tout ronds
et les marrons que nous avons connus ensuite
ont changé de nature... couleur de trahison
coup de poings échangés au cours de la baston
couleur de liberté des esclaves en fuite
nous avons entendu les cris des
Allemands
leurs chants de conquérants faisaient naître des larmes
halte là disaient-ils dans le bruit de leurs armes
et tout au fond du lit s'enfonçaient les enfants
j'aime garder présents dans ma pauvre mémoire
le cri perçant soudain lancé par le vitrier
celui du rémouleur couteaux à aiguiser
quand le chanteur des rues nous racontait l'histoire
des taudis de Rodez l'affreux crime de sang
jusqu'à l'Auberge Rouge en Ardéche passant
l'orgue de Barbarie débitant la complainte
de délicieux frissons traversaient notre crainte
une petite traduction ? c'est bien sûr de l'occitan, une langue et non un simple patois...
Chiffonnier ! Chiffonnier !
peau de lièvre peau de lapin
et de poils de catin
je gagne ma vie comme je peux
Chiffonnier ! Chiffonnier !
petites précisions : l'histoire des grands crimes était souvent la source de complaintes chantées dans les rues. C'est le cas
de deux affaires du XIX siècle restées célèbres (et mystérieuses) jusqu'à nous jours : Fualdès dans l'Aveyron et l'Auberge Rouge en Ardèche....
je suis fière de moi, j'avais - presque- la traduction du poeme en occitan.
magnifiques lignes cher Jean Marie.
amitié
bonsoir, ma chère Florence,
merci pour tes mots si gentils
très content que ces quelque vers te plaisent
félicitations ! c'est vrai que dans le Limousin la langue occitane était très vivante...
je ne sais pas aujourd'hui...
c'est une langue qui a bercé mon enfance aveyronnaise...
bonne soirée à toi
bises amicales
jean-marie
Bonsoir Jean-Marie. Je me rappelle avoir fabriqué moi aussi des animaux avec des marrons et des allumettes. Bonne soirée et bisous
bonsoir, ma chère Brigitte,
je ne comprenais pas alors pourquoi on appelait marrons de vulgaires châtaignes...
les "marrons", on s'en amusait, et on savait qu'il ne fallait surtout pas les manger !
bonne soirée à toi
gros bisous d'amitié
jean-marie
Tu relances là les souvenirs enfouis dans mon inconscient de toute petite fille que j'étais :
j'aime garder présents dans ma pauvre mémoire
le cri perçant soudain lancé par le vitrier
celui du rémouleur couteaux à aiguiser
quand le chanteur des rues nous racontait l'histoire
J'ai connu cela - et on lançait une pièce par la fenêtre au chanteur de rue -
je me rappelle aussi les pains de glace que ma mère achetait pour la glacière (on est vite passé au frigo)
Bisous Jean-Marie
bonsoir, ma chère Melly,
ces souvenirs d'enfance sont toujours dans la mémoire
c'est toi qui dans un commentaire à ma première version de ce texte m'a donné l'idée du vitrier et du rémouleur !
merci
j'ai rajouté cette strophe...
bonne soirée
gros bisous
jean-marie
j'ai connu quelques marchands ambulants dans les années 50 ... aujourd'hui, ils réapparaissent ...
amitié .
bonsoir, chère Marie-Claude
c'était toute une vie simple dans la rue
des scènes que l'on voit parfois réapparaître en effet
mes souvenirs en restent bien vivants
bonne soirée
bises amicales
jean-marie