
quelques pas dans un sens à peine plus dans l'autre
un arbre à chaque coin et devant la maison
de quoi tendre un hamac dans lequel je me vautre
c'est le lieu de ma vie pour toute une saison
on peut vivre dehors au long de la semaine
la ville est à côté mais je ne la vois pas
la haie de laurier-tin laisse passer à peine
le reflet des passants sans le bruit de leurs pas
on oublie du jardin la tache potagère
soigneusement cachée derrière la villa
la fontaine qui chante aujourd'hui ne sert guère
qu'à rafraîchir le vin par le temps que voilà
la mer n'est pas très loin mais il faut la voiture
pour aller se dorer sous les rayons ardents
sacrifiant souvent aux désirs des enfants
on accepte à regret de quitter la verdure
les repas partagés sous le mûrier-platane
avec l'ami d'ailleurs le simple visiteur
viennent entrecouper les jours sans tramontane
créant l'un après l'autre un modeste bonheur