La toussaint
le temps du souvenir
cruel et tendre...rosesblanches

 

 

 

Chanson interprétée par Berthe Sylva     
Paroles: Ch.L.Pothier. Musique: Léon Raiter (1925)



C'était un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n'avait qu' sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
Et le cher bambin tous les dimanche
Lui apportait de belles roses blanches,
Au lieu d'acheter des joujoux
La câlinant bien tendrement,
Il disait en les lui donnant :
 
 
"C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
Va quand je serai grand, j'achèterai au marchand
Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman"
 
 
Au printemps dernier, le destin brutal,
Vint frapper la blonde ouvrière
Elle tomba malade et pour l'hôpital,
Le gamin vit partir sa mère
Un matin d'avril parmi les promeneurs
N'ayant plus un sous dans sa poche
Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche,
Furtivement vola des fleurs
La marchande l'ayant surpris,
En baissant la tête, il lui dit :
 
 
"C'est aujourd'hui dimanche et j'allais voir maman
J'ai pris ces roses blanches elle les aime tant
Sur son petit lit blanc, là-bas elle m'attend
J'ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman"
 
 
La marchande émue, doucement lui dit,
"Emporte-les je te les donne"
Elle l'embrassa et l'enfant partit,
Tout rayonnant qu'on le pardonne
Puis à l'hôpital il vint en courant,
Pour offrir les fleurs à sa mère
Mais en le voyant, une infirmière,
Tout bas lui dit "Tu n'as plus de maman"
Et le gamin s'agenouillant dit,
Devant le petit lit blanc :
 
 
"C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
Et quand tu t'en iras, au grand jardin là-bas
Toutes ces roses blanches, tu les emporteras"

 

 

Ce n'est sans doute pas de la grande littérature...
Un journaliste peut bien ironiser :
"Peut-être la plus lacrymogène des chansons de l'époque réaliste, qui marque encore les consciences des générations..."
Je n'ai jamais eu honte de mes larmes en écoutant Berthe Sylva dont la voix me rappelle celle de ma mère.
C'était sa chanson préférée... Elle la fredonnait en vaquant à ses occupations ménagères...

 

  rosesblanches

 

 

Par jean-marie - Communauté : Doux rêveurs de Quichottinie - Publié dans : poèmes des autres
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