
d'après Wilhelm Lembrucke. Femme en prière-1918
Un trésor j'ai dérangé
près de la claire fontaine
dans son vêtement léger
la belle tremblait à peine
je sais qu'elle avait très froid
dans le méchant vent noroît
elle était pourtant sereine
aussi calme qu'une reine
je fus moins heureux qu'un roi
la gentille et douce fée
embrassée puis réchauffée
n'aima pas autant que moi
je le vois le temps défile
et je vieillis mal je crois
toujours dans la même foi
pour un bonheur si fragile
mon amie sage est bien lasse
un serviteur j'achetai
douce amie pleine de grâce
lui rendit la liberté
l'amie douce aime la vie
je me sentais enchanté
j'en étais tout dérouté
comme pris d'une folie
quand je voulus l'appeler
je lui dis ma souveraine
ce mot lui fit de la peine
elle voulut s'en aller
elle me dit son envie
sa prison d'argent et d'or
j'ouvre au coeur tant de remords
ma douce amie s'est enfuie
et, sur la suggestion d'une amie, notre cher Gerges Brassens...