Ministre de l'Intérieur du gouvernement du Front Populaire de Léon Blum, Roger Salengro est jugé trop proche des travailleurs en grève par la droite et l'extrême-droite, qui lui reprochent également ses origines prolétaires. Désirant se débarrasser de lui définitivement, les journaux d'extrême-droite Gringoire et L'Action française montent de toutes pièces contre lui une accusation de désertion remontant à 1915, profitant à la fois de la liberté d'expression alors absolue, de la liberté de la presse extrêmement étendue, et surtout du traumatisme de la Grande Guerre, encore présent dans tous les esprits. Truquant des témoignages, déformant des propos officiels, ces deux journaux, soutenus par le député du Nord et chef de file de l'opposition municipale à Roger Salengro à Lille, Henri Becquart, ne tiendront aucun compte des démentis juridiques et judiciaires officiels, préférant s'appuyer sur l'opinion publique qu'ils ont braquée contre Salengro. Malgré un jugement militaire d'acquittement approuvé à une large majorité à la Chambre des députés, le 18 novembre 1936, Roqer Salenqro, épuisé par la calomnie, se suicide au gaz dans son appartement de Lille, ville dont il était maire.

 

 

(extrait de "L'Affaire Salengro" - Wikipédia)

Par jean-marie
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