
Je devais avoir six ou sept ans et mes parents avaient recueilli une jeune chatte au pelage d'un gris tigré, très
banale... Le chat que l'on dit, je crois, « de type européen ».
Je m'étais fort attaché à cette petite bête naturellement très joueuse.
Un jour, elle disparut. Dans les rues de la petite ville, en ces années de guerre et de disette, il y avait beaucoup de
réfugiés venus du "Nord" qui, bien souvent étaient accusés de tous les péchés... Et les calomnies allèrent bon train une fois encore ...
J'eus beaucoup de peine... Peine aggravée par l'incertitude, l'attente... Je ne me résignais pas. Je
cherchais, j'espérais. Les semaines, les mois passèrent mais je n'oubliais pas... jusqu'au jour où, remontant de la cave, mon grand-père nous montra une peau desséchée que je reconnus facilement.
Il l'avait trouvée sous le tas de charbon qu'il voulait déplacer... La petite chatte était certainement morte écrasée sous les boulets que les charbonniers déversaient depuis la rue par un
étroit soupirail.