
le bonheur, voyez-vous, c'est la douce romance
la joie dans la douceur ce n'est qu'un bon moment
il éclate soudain en un rire d'enfant
dans la paix dont je n'ai qu'à peine conscience
la jeunesse un trésor
et ce n'est qu'à cet âge
qu'il faudrait être sage
laissez-nous vivre alors
nous allons par les bois nous allons par les plaines
nous marchons à travers les cols et les vallons
nous allons conquérir les crêtes souveraines
et très peu nous parlons
dans l'élan qui nous entraîne
l'orage sur nos talons
souhaitant fort qu'il se déchaîne
mais les éclairs bientôt vont troubler notre esprit
le danger nous effraie et la peur nous amène
dans le creux d'un rocher qui nous offre un abri
nous sommes bien, ma reine
et le bonheur nous saisirons
sans crainte nous attendrons
que le beau temps nous revienne
nous rapprochons nos corps le souffle devient court
l'orage disparaît la montagne est sereine
quand je commence juste à lui faire la cour
l'émotion qui est la mienne
s'empare d'elle à son tour
et le désir nous entraîne
sur une pente sans retour
le froid dans l'inconfort ne gêne aucunement
nos impudents ébats il n'est rien qui les freine
tout au bord du ravin je devins son amant
redescendre fut un rêve
et nous chantions sans trêve
de notre amour nous étions sûrs
devant nous s'élevaient des murs
aux abords des maisons nos projets s'écroulèrent
trop d'obstacles dressés et nos larmes amères
nous empêchaient de voir un quelconque futur
et du bonheur l'image
sans espoir nous laissons
ce n'est pas de notre âge
mais nous avions raison
nous avons eu la joie de braver tout un monde
et rien ne ternira jamais ce souvenir
un instant cet éclat préserve l'avenir
et nous en survivrons dans la cruelle ronde