Petits riens, petits plaisirs, petits bonheurs sans grande prétention...
Ce n'est qu'un repas...
Un repas qui, hélas, exige un sacrifice, le sacrifice d'un bel animal...

Mon voisin fort généreux, grand pêcheur devant l'Eternel ou devant Neptune-Poséidon, au choix, après plusieurs semaines de bredouilles et une nuit de plus passée près de Port-Camargue est revenu ce matin avec plusieurs loups (bar amélioré puisque pêché chez nous et non dans l'insipide océan... pas chauvin pour vingt ronds le mec...) de bonne taille et une Daurade, la vraie, la royale... ce vaillant poisson au masque d'or qui brise les coquilles d'huîtres, de moules, de palourdes pour se régaler des bestioles qu'elles renferment et nous régaler secondairement... Il m'avait "dit le vent est bon, es lo mari*... dans le journal ils ont dit que trois touristes se sont noyés,  ça doit taper fort..."
Ne le croyez pas insensible, ne nous croyez pas insensibles... mais il y a toujours quelque couillon de "parigot" qui se croit plus fort que tout le monde et qui, sans préparation, à peine sorti de l'autoroute, veut affronter la tempête prenant des risques et faisant courir les mêmes aux sauveteurs... La Méditerranée, une petite flaque d'eau sans marées, sans rien...
Mon cher voisin nous a donné la Daurade...
Quel délice ! pêchée à sept heures, dégustée à midi...
Au four sur un lit d'oignons et de tomates cueillies du matin, aspergée de vin blanc... à peine, à peine un peu d'herbes...
"Un lapin mé lèquo l'anmo**"
Vous connaissez mieux ? tant mieux pour vous...
Je ne suis pas jaloux... gardez vos secrets, je garde mon petit pays,  mon voisin et mon petit bonheur...
mais si vous passez un jour au pays des Pescalunes*** vous êtes invités...


  * lo mari, le vent marin, du sud-est
** un lapin me lèche l'âme... quelques mots qui expriment le plaisir de déguster quelque chose d'excellent
*** les Pêcheurs de Lune, habitants de Lunel qui, selon la légende

Eici li gènt de Lunèu
Que toujour n’en fan quaucuno
Un jour comme d’estournèu
Anéron pesca la luno
La luno èro couchado
Cresien que s’èro negado
E l’anèron touti pesca
Emb’un panié trauca



le Pescalune du sculpteur Ben K (2006)



voici les gens de Lunel

qui en font toujours quelqu'une

un jour comme des étourneaux

ils allèrent pêcher la lune

la lune était couchée
ils ont cru qu'elle s'était noyée
et ils allèrent tous la pêcher
avec un panier troué
Par jean-marie - Publié dans : autres anecdotes de ma vie
Voir les 8 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Recherche

 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés