dans mes rêves les plus fous
j'aurais voulu voyez-vous
à l'école bien sûr être
un modèle aux yeux du maître
car j'étais un gosse très doux
bien élevé tranquille et sage
cela dura fort longtemps
et je fis la joie des parents
mais un jour je trouvai dommage
d'être toujours obéissant
Je me vois à cet âge où sortant de l'enfance, le coeur en confiance, les idées jaillissaient comme fleurs
au printemps.
Je remporterai la victoire et je serai ceci et je serai cela, l'Histoire en parlera
Mon premier rendez-vous est plein d'idées troublantes ...
Je siffle plutôt faux, de temps en temps je chante sur un air de credo ou de la pluie-bergère une phrase légère
en quatre vers boiteux soufflé par mon grand frère et qui me rend heureux... un petit polisson, grossier et fanfaron...
S’ils l’entendaient quelle tête ils feraient les parents, les curés :
"Allons cueillir des fraises, viens avec moi chérie, qu’entre tes parenthèses je plante ma bougie
"
Ne plantai rien du tout mais déjà grande gueule... avant de bien croquer il faut faire ses meules ! Ce n'est
pas à tout coup qu'on gagne dans la vie... en dépit de l'envie.
Ce ne fut pas bien sûr la gloire du poète et cette vocation sombra dans la tempête...
Comme celle entrevue de l'amant si parfait
qu'avant d'avoir brillé Don Juan fut défait...
Je connus des succès au collège des Frères... timide quelquefois, plutôt velléitaire, paresseux semble-t-il et
redoutant l’effort, médiocre au lycée, à la fac pas très fort… Insolent et hâbleur et toujours réfractaire.
Ce que voulais être ou que voulais faire ne fut jamais vraiment déterminé.
Et je changeais souvent par les vents dominé. Les vacances pourtant finirent par me plaire... l'écrivain fut
manqué, l'enseignant résigné...
Je ne regrette rien car dans cette carrière je trouvais ma foi bien des joies.
Le destin a choisi et je l'en remercie...
Par jean-marie
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